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| | 6/02/2009

Sarkozy/Réactions – Suppression de la TP : les chefs d’entreprise régionaux enthousiastes ou sceptiques.

« Pertinente » pour le président du groupe Altrad, à Montpellier, la suppression de la TP ravit également Jean-Luc Rumeau (groupe Larosa), qui craint cependant qu’elle ne soit remplacée par une autre impôt sur les entreprises. Tout comme Didier Charpentier, président du de l’éditeur de logiciels Itesoft. Témoignages.Mohed Altrad, président du groupe Altrad (bétonnières, échafaudages, produits pour collectivités, CA 2008 : 444 M€, 3 200 salariés, Florensac, Hérault)?Montant de la TP en 2008 : 2,23 M€, aux collectivités des 19 sites actifs d’Altrad en France.« C’est une annonce justifiée, car cette taxe est unique en Europe. Elle est purement franco-française. La mesure est pertinente car la TP alourdit la fiscalité et favorise les délocalisations. La TP est une charge, et pour préserver nos marges on doit l’affecter aux coûts des produits. Sa suppression va nous permettre d’alléger le prix de revient des produits. Cette mesure ne va pas nous faire gagner de l’argent, mais des marchés. Dans une compétition internationale, c’est décisif. Enfin, la suppression de la TP peut nous amener à reconsidérer certains produits qui sont sur la liste des délocalisations : on ne délocalise pas tant que le prix de vente n’est pas inférieur au prix de revient. » Isabelle Garcia, directrice financière, précise : « Les taux de TP varient selon les collectivités. C’est un élément qui joue dans un projet d’implantation. »Sur la répartition des bénéfices entre actionnaires, salariés et investissements, Mohed Altrad est sceptique : « Pour l’instant, c’est fumeux. On peut pas contraindre un actionnaire. Il faudra réfléchir aux conséquences : il y a un risque de fuite des investissements étrangers. »Jean-Luc Rumeau, pdg du groupe Larosa(armatures métalliques, CA 2008 : 30 M€, 140 salariés, Sète, Hérault) :« L’impact de la TP est considérable pour mon groupe : elle représente un montant de 2 M€ par an. C’est donc une vraie mesure, mais je ne vois pas très bien par quoi la taxe professionnelle va être remplacée. Je crains qu’elle ne soit compensée par une nouvelle taxe sur les entreprises. Le taux de TP joue fortement dans la décision d’une entreprise de s’implanter ou non sur un territoire. Dans mon cas, j’ai évité de m’implanter dans des endroits où la TP était trop élevée.Sur le partage des bénéfices préconisé par le chef de l’Etat : « Techniquement, partager les bénéfices d’une entreprise en trois tiers égaux serait une énorme erreur. Tout dépend des entreprises. Dans le secteur de la location, dans lequel j’ai exercé, les besoins en investissements sont considérables. Il faut donc beaucoup de fonds propres, et on distribue très peu de bénéfices. Il existe par ailleurs déjà des mécanismes légaux pour faire partager les fruits de la croissance d’une entreprise aux salariés : j’ai mis en place la participation dans mon entreprise. Je n’aurais pas aimé qu’on me l’impose. »Didier Charpentier, président d’Itesoft(éditeur de logiciels, CA 2008 19,41 M€, 160 personnes, Aimargues, Gard)« La TP est un impôt qui pénalise l’investissement et l’embauche, mais s’il est supprimé, il sera remplacé par un autre impôt. Je suis donc extrêmement sceptique vis à vis de cette annonce. Même si la TP est un impôt pénalisant, nous ne nous posons pas la question de son taux quand nous décidons d’investir. Avant d’embaucher quelqu’un, je ne me suis jamais demandé si cela allait faire augmenter ma TP. Pour moi, sa suppression, c’est un emplâtre de plus sur une jambe de bois ».H.V. et H.F.

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