Réussir sa campagne de crowdfunding
« Nous estimons qu’il y a environ 4 000 Md€ d’épargne qui dort », expliquait Olivier Boulay, président de Kiosk to Invest, en janvier dernier à l’occasion du lancement dans le Gard du dispositif de financement participatif initialement lancé par la CCI de Caen. La difficulté ne réside donc pas dans le manque de fonds disponibles mais dans la capacité à les capter. Savoir identifier LA plateforme de crowdfunding adéquate et raconter l'histoire derrière le projet à financer sont des facteurs déterminants d'une campagne réussie.
« Depuis 2007, près de 150 plateformes ont été créées en France », indique Bpifrance dans son « Panorama des acteurs du crowdfunding ». Face à une telle pluralité de l'offre, l'organisme public a mis au point un site destiné à faciliter le choix de la plateforme pour les porteurs de projets (https://tousnosprojets.bpifrance.fr). Pour une meilleure lisibilité, certaines plateformes ont fait le choix de se spécialiser dans un secteur en particulier, à l’instar d’Enerfip (15 salariés, Montpellier) dans les énergies renouvelables. Contrairement à d’autres acteurs tels que Kisskissbankbank ou Kickstarter, Enerfip n’est pas positionnée sur la phase d’amorçage des projets. Ainsi, les montants ciblés par ses campagnes sont d'au minimum 100 k€ et peuvent dépasser le million d’euros. De son côté, Wiseed (30 salariés, 4 M€ de CA en 2018, Toulouse) accompagne les projets de PME et ETI nécessitant une levée de fonds comprise entre 300 k€ et 5 M€. Les plateformes se distinguent également par la forme des participations proposées : prêt, don, action ou obligation.
Proximité et storytelling
Le succès d’une campagne de financement participatif tient aussi au territoire concerné. « Dans les zones rurales, avec une densité de population plus faible, ce sera mécaniquement plus compliqué et plus long de réaliser une opération », indique Aurélie Olivera, responsable communication d'Enerfip. Pour autant, jouer la carte du local peut s’avérer essentielle. « Une plateforme de financement participatif a besoin de proximité », estime Olivier Boulay (Kiosk to Invest). Il ne faut pas non plus négliger le « storytelling », c’est à dire l’histoire derrière le projet qui va aider à convaincre les investisseurs potentiels. « Actuellement, l’une de nos campagnes, Terril Wendel, porte sur la réhabilitation d’une friche minière en Moselle pour y installer des panneaux photovoltaïques (montant ciblé : 1,15 M€), cite Aurélie Olivera. Expliquer que l’on veut passer d’une énergie fossile à une énergie propre sur ce site est parlant, ça donne envie. » Fabien Dreuilh, responsable du développement PME–ETI de Wiseed, ajoute : « Nos investisseurs ont une volonté d’investir dans des projets concrets de l’économie réelle. Une partie significative d’entre eux est également à la recherche de projets porteurs de sens. » En phase d’amorçage particulièrement, la campagne doit s’accompagner d’une solide communication. L'entreprise Les Ateliers de Nîmes, qui souhaitait lever 20 k€ pour acheter des métiers à tisser, a pu réunir 28 k€, en accompagnant sa campagne de crowdfunding d'une communication intense, notamment sur les réseaux sociaux. Enfin, recourir au financement participatif ne signifie pas faire une croix sur les autres modes de financement. « Les banques arrivent souvent en cofinancement avec des plateformes de crowdfunding », explique Nicolas Gay, président de la Fédération française bancaire du Gard.










