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Industrie
| 22/05/2013

Rencontre avec. « Le challenge permanent de la performance industrielle »

Rencontre avec Olivier Pasquesoone, directeur de l’établissement Robert Bosch France,
à Onet-le-Château (12)

Le site aveyronnais de l’équipementier automobile, est finalement sorti de la crise sociale du début d’année 2013. Le prochain défi est d’être à l’heure du défi industriel, d’ici juillet 2014.

Fin 2012, vous receviez le prix « France Qualité Performance ». Peu après, vous annonciez votre plan de compétitivité. Pourquoi un tel décalage ?
La concomitance entre le prix et le plan n’était pas très heureuse, c’est vrai. Ce prix national, remis dans le cadre de l’AFAQ et avec le ministère de l’industrie, est le fruit de plusieurs années d’efforts, nous en sommes fiers. Mais le challenge permanent du site, strictement orienté production, restera le même : la performance industrielle, encore et toujours. Nous ne sommes pas sur des volumes en croissance, mais au mieux sur une stagnation du marché. Or nos clients – les constructeurs automobiles - ne vont pas bien et mettent une aussi grosse pression sur les prix de revient, en baisse de 3 à 5 %/an. Le site aveyronnais a de vrais atouts - Iso 26 000, logistique – mais aussi des faiblesses, comme les coûts fixes.

Pourquoi le timing était-t-il si serré ?
Nous appartenons à la division commonrail de Bosch, qui compte plusieurs sites en Europe. La direction allemande est venue fin janvier, a comparé notre site à ceux comparables en Allemagne. Le message a été clair : il faut rattraper le retard, en mettant à niveau les lignes de production, à condition d’agir aussi sur les coûts, trop importants. La fenêtre d’action n’était pas très longue, c’est certain. On nous a donné ce challenge, et dans un tel contexte économique, il est difficile de ne pas le relever. Il faut voir que, quelque part, on a de la chance de pouvoir relever un tel défi. Et le timing serré est aussi industriel. Il faut pouvoir mettre à niveau tout l’outil et les équipes, pour être opérationnel en juillet 2014.

En quoi consiste les investissements de 29 M€ ?
L’idée est de faire passer une ligne de production d’injecteurs sur la nouvelle génération de 1800 bars. Tout le site sera alors sur ce standard. On va pouvoir capitaliser, avec des perspectives de volumes jusqu’en 2018, même si cela dépend évidemment aussi des constructeurs clients. Le site compte également un atelier de buses pour injecteurs, ainsi qu’un atelier de bougies de préchauffage.

Quelles sont les solutions retenues, pour économiser 10 M€/an ?
La première consiste en un plan de départs volontaires, de 112 personnes, avec des départs dès cet été, jusqu’à juin 2014. Le plan est pris en charge intégralement par Bosch, pour 19 M€. Les économies salariales sont estimées à environ 5 M€/an. Parallèlement, un plan de 21 embauches va être déclenché, sur trois ans. Une autre mesure est relative aux compteurs « temps collectifs », soit 20 jours de RTT/an. Jusqu’ici, 10 jours étaient laissés à l’appréciation de la direction, et 10 du salarié. Avec un délai de prévenance au trimestre. C’est trop long pour pouvoir s’adapter aux commandes clients, et moduler au mieux. La prévenance a été ramenée à 3 semaines, pour les jours dits « de la direction ». Enfin, la 3e mesure concerne la modération salariale. La revalorisation en 2014 sera plafonnée à + 0,6 %, contre 2 à 3 % en moyenne, habituellement.

Un tel accord a déjà été signé en 2007. Pourquoi la tension a-t-elle été aussi vive, cette fois ?
Il y a bien-sûr l’idée de se dire : quand et qu’est-ce que sera le prochain plan ?
En 2007, le constructeur Volkswagen, notre unique client sur les injecteurs pompe, a décidé de muter sur le commonrail. Il nous fallait le suivre. Cette année, il s’agit d’accompagner aussi l’évolution technologique, sans quoi nos produits et nos lignes seront bientôt obsolètes. Cette fois, nous avons eu un blocage (1 jour 1/2 de grève, en février, NDLR) mais chacun savait qu’il faudrait se mettre rapidement autour de la table.
> Propos recueillis par Aurélien Tardiveau

Le site Bosch d’Onet-le-Château
en chiffres

- injecteurs moteurs diesel : 3 millions de pièces/an
- buses pour injecteurs : 6 millions de pièces/an
- bougies de préchauffage : 15 millions de pièces/an
- 1 540 salariés (1425 à horizon 2015)

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