Rencontre avec. Laurent Latorse, nouveau président du Cluster d’entreprises Robotics Place, depuis juin 2014
TITRE : « La robotique industrielle et les drones donnent du concret au cluster »
CHAPO
EXCLUSIF. L’automatisation, la robotisation et les drones ont le vent en poupe actuellement. Le secteur se structure en Midi-Pyrénées, avec un fort soutien public et via un cluster d’entreprises.
Combien comptez-vous de membres au sein du cluster ?
Nous sommes aujourd’hui 40 membres. Notre histoire est récente, puisque le cluster s’est créé avec 30 membres, en octobre 2012. Il faut se rappeler que nous avions commencé à 10, en créant mi-2011 le groupe Syrobo Midi-Pyrénées. Nous venons récemment d’intégrer des groupes comme SPIE ou Airbus, en relation avec la problématique de l’usine du Futur. Cela nous donne désormais une autre dimension.
Quelles ont été les évolutions récentes, en termes d’orientation ?
Nous sommes partis du thème de la robotique de service. Mais il s’agit de l’axe le moins mâture. Depuis ma prise de fonction, nous avons ajouté deux axes de développement, à savoir la robotique industrielle et les drones. Ils donnent du concret au cluster. Dans les faits, le bureau de l’association a aussi évolué : Jérémie Pedros, d’Actenium, représente la robotique industrielle, moi les drones (il préside la société Airod Technologies, NDLR) et nous avons intégré aussi un labo, en l’occurrence le LAAS avec Michel Devy.
Comment Midi-Pyrénées est-elle positionnée sur ces grands domaines ?
La région possède un vivier technologique très important : bureaux d’études pour l’avionique, équipementiers et fabricants en Interfaces hommes-systèmes, hommes machines, calculateurs, etc. La recherche et la formation sont aussi de vrais atouts en présence : ENAC, LAAS, Isae, etc.
Sur la robotique de service, nous sommes moins avancés, comme à peu près partout. Nous travaillons plus particulièrement sur l’orientation aide à la personne, par exemple avec le centre e-santé. Sur les drones, nous travaillons à leur déclinaison civile. Sur l’agriculture par exemple, les usages sont aujourd’hui estimés à 2 Md$/an. En 2025, le secteur pourrait peser 85 Mds$. Avec de grandes avancées possibles, entre observations, charges utiles intelligentes, etc. : nous pouvons contribuer à l’agriculture raisonnée.
Quels sont les premiers effets du plan national robotique, et de son « pendant » régional (22 M€ sur 3 ans) ?
L’ensemble du secteur est clairement en train de se structurer. Depuis un an, le plan national – avec Rhône-Alpes et Ile-de-France – nous a beaucoup aidé à gagner en visibilité. La bannière Midi-Pyrénées a été une vraie opportunité, au moment du précédent salon Sirobo de Lyon, et nous a permis d’être repéré. Le plan régional doit entre autre nous permettre de gagner en fonctionnement : une dotation de la Région, pour trois ans, doit arriver d’ici la fin d’année. Un demi-permanent sera alors recruté, pour assurer les animations et le suivi. Un appel à projets spécifique robotique sera aussi lancé, dans les semaines à venir (les autres AAP du Conseil régional ont également été élargis à ces thèmes, NDLR).
Quel sont les prochaines priorités locales et les prochaines actions du cluster ?
Je porte, avec d’autres, le projet d’une base d’essais de drones, sur l’aéroport de Cugnaux-Francazal. Il est primordial de disposer de conditions opérationnelles, pour aider à la formation, faire les tests mais aussi présenter nos réalisations aux clients. Le dossier vient à nouveau d’être plaidé auprès de la Dirrecte et je milite pour qu’il soit inscrit au prochain CPER.
La semaine prochaine, le cluster sera présent sur le salon de l’innovation ICS, à Toulouse.
Propos recueillis par Aurélien Tardiveau
Robotics Place en chiffres
. Création : octobre 2012
. 40 membres
. Plan robotique régional : 22 M€ sur 3 ans, 20 actions










