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| | 6/05/2009

Région/Politique - Sarkozy pour une centrale d’achat européenne du gaz

« Je veux porter l’idée d’une centrale européenne d’achat du gaz pour que l’Europe ait une vraie force de négociation face à ses fournisseurs », a déclaré le chef de l’Etat à Nîmes mardi soir, où il a proclamé devant 3 000 militants et élus un discours sur sa vision de l’Union Européenne, à un mois des élections européennes.Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité de clarifier les règles du commerce mondial : « Je ne demande pas plus pour les entreprises européennes, mais je veux qu’elles n’aient pas moins. Sinon ce n’est pas de la concurrence, c’est de la concurrence déloyale. Nous sommes tout à fait pour l’ouverture de nos marchés, mais nous demandons que le marché des autres soit ouvert en même temps que le nôtre et dans les mêmes conditions. »?Il a défendu le modèle de la politique agricole commune : « La dérégulation totale, on a vu ce que ça a donné avec la finance. Ça donnera la même catastrophe avec l’agriculture. »?S’il n’est pas « venu ce soir parler de bilan », le chef de l’Etat n’a pas résisté à la tentation de revenir sur son action à la tête de l’Union Européenne. « Si la Géorgie n’a pas été rayée de la carte, si un cessez-le-feu au pu intervenir à Gaza, si l’Europe n’a pas cédé au sauve qui peu et au chacun pour soir quand le système bancaire a menacé de s’effondrer, c’est parce que la France, alors qu’elle exerçait la Présidence de l’Union Européenne, a pris ses responsabilités pour mettre l’Europe en situation d’agir », a-t-il déclaré dans une ambiance de corrida.Non à la TurquieNicolas Sarkozy a surtout fait un tabac en rejetant en finesse l’idée de l’intégration de la Turquie dans l’espace européen. « Il faut que l’Europe cesse de se diluer dans un élargissement sans fin. Il faut que l’Europe ait des frontières. Il faut que l’Europe ait des limites (…) Je veux dire la vérité à la Turquie. Ce n’est pas respecter ses amis que de leur mentir. Ce n’est pas respecter ses amis que de leur faire des promesses dont on sait parfaitement qu’on ne les tiendra jamais. »Pour Nicolas Sarkozy, l’Europe doit se rapprocher davantage des citoyens. « Je sais que dans cette salle, certains ont voté oui à la Constitution européenne, d’autres ont voté non (…) Longtemps, nous n’avons pas eu de véritable ambition pour l’Europe (…) Toutes les autres régions du monde veulent faire de la politique au service de leurs intérêts (…) Les Français considèrent l’Europe comme l’alibi de tous les renoncements au lieu d’être l’expression même de la volonté politique. C’est à nous de comprendre ce qui se passe, pour réconcilier la France du oui et celle du non. » Le principe d’une présidence tournante de l’Union Européenne n’est selon lui pas approprié : « Ce système de présidence tournante tous les six mois, franchement… »Il a égratigné ses homologues étrangers : « Il a fallu la crise pour que les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent avec le président de la BCE et de la Commission. C’était la première fois que cela se produisait ! Franchement, ils devaient être très occupés pour ne jamais avoir pris le temps de se réunir… »Jacques Chirac, sans être cité, en a également pris pour son grade : « Je suis très heureux de pouvoir tenir des promesses qui avaient été faites par d’autres », a-t-il affirmé en évoquant la réduction à 5,5 % de la TVA dans la restauration.?H.V.

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