Région/Manifestation - Les transporteurs lancent un avertissement au gouvernement
Ce lundi, les transporteurs routiers du L.-R. ont manifesté à Montpellier (FNTR/TLF/Unostra) et à la frontière espagnole (Unostra seulement) pour demander « un carburant professionnel et une harmonisation fiscale et sociale européenne », a résumé Yvon Battistel, président de la FNTR L.-R., à Montpellier.Une trentaine de poids lourds se sont réunis sur le parking du Zénith Sud dans la matinée. Dans la journée, un barrage filtrant a été mis en place sur l’autoroute A9, au niveau de la frontière espagnole. Des symboles forts ont été choisis : le tracteur d’un semi-remorque suspendu à une grue à Montpellier, « pour montrer que les chefs d’entreprises risquent d’être pendus par l’augmentation des charges » (Yvon Battistel) et, dans les Pyrénées-Orientales, une vingtaine de poids lourds relookés en corbillards, transportant des cercueils et conduits par des chauffeurs accoutrés en SDF, « ce que nous deviendrons si le gouvernement ne fait rien » (Sandrine Bachy, trésorière de l’Unostra L.-R.).Yvon Battistel a brocardé l’augmentation des charges : « les autoroutes - + 25% en trois ans -, les charges sociales, les assurances, le carburant bien sûr mais aussi les pneumatiques, produits dérivés du pétrole ». Certains transporteurs veulent des actions plus fortes La future écotaxe suscite également des inquiétudes : « On ne nous donne pas beaucoup de détails sur son montant, glisse Françoise Gleize, secrétaire générale de la FNTR LR. L’Assemblée nationale vote un principe, après seulement des chiffres seront mis en face. Il faut que nous soyons très vigilants. »« D’autant plus que les dépôts de bilan des entreprises de transport se comptent par centaines au niveau national depuis le 1er janvier , poursuit Jean-Louis Bouscaren, président de la Cgpme L.-R. Cette manifestation n’est qu’un avertissement. On est capables d’immobiliser le pays complètement. On ne va pas tout de suite au combat, c’est un comportement responsable. Le tampon, il ne faut pas l’écarter, on ira dans un deuxième temps si on n’est pas entendus. » L’échéance de septembre est évoquée, le temps pour Nicolas Sarkozy de prendre la mesure de la présidence de l’Union européenne - à partir du 1er juillet.Une position qui ne fait pas l’unanimité parmi les professionnels : « À force d’être trop gentils, il ne faudrait pas qu’on nous prenne pour des imbéciles, s’inquiète Sandrine Bachy. Il faudra monter d’un cran beaucoup plus vite que nos responsables ne l’affichent. Septembre, ça me paraît trop lointain. Et dire que vouloir quelque chose de plus fort, ce n’est pas responsable, je ne suis pas d’accord. Justement, on est responsables de nos personnels, on se doit de faire quelque chose. »H. V.










