Le Languedoc-Roussillon se caractérise par un taux de chômage record (12,7 % en juin 2011) et par une attractivité démographique exceptionnelle. L’arrivée massive de migrants en Languedoc-Roussillon aggrave-t-elle les chiffres du chômage ? Oui et non, répond en substance l’Insee, dans une étude rendue publique cet après-midi. Premier constat : le Languedoc-Roussillon attire chaque année 47 000 personnes, et en voit partir 30 000, soit un solde positif de 17 000 habitants supplémentaires. Deuxième constat : la région attire à tous les âges, mais plutôt des couples que des personnes seules. Troisième constat : un arrivant sur deux est un actif avec emploi. Mais, quatrième constat : le pourcentage des actifs au chômage est plus élevé chez les arrivants que chez les stables. En clair, selon l’Insee : « la région attire de nombreux couples d’actifs. Mais pour ceux-ci, la mobilité s’accompagne souvent de chômage et de précarité de l’emploi pour l’un des conjoints ».
21 000 actifs
Grâce aux migrations, la région a gagné 21 000 actifs en emploi supplémentaires entre 2002 et 2007. 85 % des arrivants exercent dans huit secteurs d’activité, essentiellement liés à l’économie présentielle, c’est-à-dire à la satisfaction des besoins de la population. La catégorie socio-professionnelle la plus représentée chez les nouveaux arrivants est la fonction publique, avec un solde migratoire positif de 6 200 personnes. Seule catégorie à souffrir d’un léger déficit : celle des cadres d’entreprise, avec un solde négatif de – 100.
Les étudiants dans l’Hérault
Tous les départements ne sont pas égaux dans la répartition de ces flux de migrants. L’Aude, le Gard et la Lozère gagnent plus d’actifs grâce au flux migratoires, l’Hérault et les P.-O. plutôt des inactifs. Sur les 21 000 actifs supplémentaires arrivés entre 2002 et 2007, 8 800 sont allés dans le Gard, 5 400 dans l’Aude, 5 000 dans les P.-O., 1 200 en Lozère et seulement 700 dans l’Hérault. Les 10 000 chômeurs arrivés entre 2002 et 2007 se répartissent à peu près équitablement entre les cinq départements (2 200 à 2 800), sauf en Lozère (200). Quant aux étudiants, ils arrivent en masse dans l’Hérault (10 600), alors que le solde est négatif dans les autres départements.
Chômage élevé
Selon l’Insee, le Languedoc-Roussillon est la région métropolitaine où la part des actifs recnsés se déclarant au chômage est la plus élevée pour les arrivants (20 %). Parmi les régions à fort chômage, c’est aussi en L.-R. que l’écrat de chômage entre arrivants et stables est le plus fort (6 points). Plusieurs explications sont avancées par l’Insee : précarité plus élevée de l’emploi chez les migrants, situation transitoire de chômage consécutive à la mobilité du conjoint... Les migrations sont-elles pour autant responsable du fort taux de chômage en L.-R. ? « Pas complètement, estime Didier Rey, directeur adjoint de la Direccte L.-R. Puisque les nouveaux arrivants boostent la création d’emplois dans l’économie présentielle. Les fortes migrations sont plutôt bénéfiques à la région ». Avis partagé par Francis Vennat, le directeur régional de l’Insee : « le chômage pèse peu dans l’ensemble des migrants. Ce n’est pas une migration de chômage, mais une migration de croissance. Plus la croissance démographique est forte, moins il y a de perts d’emplois. Ce qui crée le chômage, ce n’est pas l’arrivée de nouveaux habitants, c’est la crise. » Thierry Camuzat, directeur adjoint des services au conseil régional, estime pour sa part que « l’enjeu est de faire en sorte que cette région devienne un territoire de développement et pas seulement un territoire de croissance. Il faut créer de la valeur ajoutée in situ en créant, notamment, des filières d’excellence ».