Hérault
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Quatre gardes à vue dans l’affaire des pizzas de la fédération PS de l’Hérault
Quatre personnes dans l’entourage de Robert Navarro, ancien premier secrétaire départemental PS de l’Hérault, ont été placées lundi 23 en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Montpellier. Les quatre personnes concernées sont la femme de l'ancien député européen (2004-2008), Dominique Navarro, ses deux attachés parlementaires de l’époque, ainsi que Guy Caballe, maire de la commune héraultaise d’Avène. En tout, une dizaine de personnes ont été interrogées par la PJ.
L’affaire trouve sa genèse au mois d’avril 2011, quand le PS dépose plainte contre son sénateur pour abus de confiance dans cette fédération départementale, placée sous tutelle par la rue de Solférino. On reproche à Robert Navarro des frais de bouche élevés et injustifiés à la charge du parti : plus de 40 000€ dépensés dans une pizzeria en moins de trois ans, et des voyages, à l’utilité jugée douteuse par le PS, soit 90 000 € de billets d’avions et de trains dépensés pour lui, son épouse, et ses collaborateurs.
Navarro : « je peux justifier de tout »
Joint par La Lettre M, Robert Navarro, qui n’a toujours pas été entendu par les enquêteurs, affirme : « J’en veux terriblement à la direction nationale de mon parti. On n’en serait pas là si on m’avait auditionné plus tôt. Je suis serein quant à la justice. Je peux justifier de tout. »
Ainsi, les 90 000 € de transports correspondraient « à la totalité des frais de déplacements pour la fédé sur une période de trois ans. Ce sont essentiellement des trajets entre Montpellier, Strasbourg et Bruxelles. Il s’agissait de frais à la fois utiles dans le cadre de mon mandat européen et de premier secrétaire fédéral. Ces chiffres qu’on vous donne, c’est un amalgame de tout. »
Aujourd’hui vice-président en charge des transports à la Région, Robert Navarro a fait pour un temps partie de l’équipe de campagne de François Hollande sur cette même question. « Je me suis mis volontairement en retrait, explique-t-il. Je ferais campagne pour lui à fond, mais je ne veux pas qu’on se serve de cette affaire pour tenter de le salir. »










