Pyrénées-Orientales/Justice - Le maire de Saint-Cyprien se suicide en prison
?Jacques Bouille, maire UMP de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales), 62 ans, s’est suicidé dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule du centre pénitentiaire de Perpignan, où il était incarcéré depuis le 17 décembre dernier, dans le cadre d’une enquête sur une série de malversations commises dans l’exercice de ses fonctions.L’élu s’est pendu aux barreaux de sa cellule avec l’aide de la ceinture de son peignoir. « Le corps sera autopsié rapidement pour valider l’hypothèse du suicide », a indiqué dimanche Jean-Pierre Dréno, procureur de la République de Perpignan. Jacques Bouille « prenait des médicaments en prison, mais le décès a bien été provoqué par le pendaison aux barreaux de sa cellule. C’est une mort par strangulation. Des analyses toxicologiques seront pratiquées dans le cadre de l’autopsie. »Jacques Bouille s’est donné la mort « entre 1h40 et 3h40 », a précisé Jean-Pierre Dréno. « A 1h40, il était encore en vie et c’est le surveillant de la ronde de 3h40 qui l’a découvert pendu ». Le médecin-légiste a constaté sur place le décès par strangulation.? Une lettre laissée à sa famille Une information judiciaire pour recherche des causes de la mort a été ouverte dimanche après-midi. « C’est une procédure mécanique pour tous les décès survenant dans les maisons d’arrêt et les centres pénitentiaires, dans le cadre de laquelle le corps est autopsié et l’enquête confiée à un juge d’instruction, Vincent Anier », a précisé Jean-Pierre Dréno.Jacques Bouille avait été mis en examen pour blanchiment, corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt, blanchiment, détournement de biens publics, faux et usage de faux, subornation de témoins. A l’origine de l’affaire, la disparition d’œuvres d’art destinées au musée de Saint-Cyprien, révélée par l’avocat Thierry Del Poso, conseiller municipal Nouveau Centre. Les enquêteurs ont retrouvé les tableaux égarés au domicile du premier magistrat, chez sa belle-mère et les ateliers municipaux. Dix personnes de son entourage sont également mises en examen. « Parmi elles, deux sont toujours écrouées au centre pénitentiaire de Perpignan : le directeur des services de l’urbanisme et le directeur général des services de la Ville de Saint-Cyprien », a indiqué Jean-Pierre Dréno.Maire de cette station balnéaire de 8 600 habitants depuis 1989, il était médecin de profession et également conseiller général.Le parquet de Perpignan a autorisé dimanche après-midi la famille de Jacques Bouille - sa femme, son fils et sa fille -, à se recueillir auprès du défunt. L’homme a laissé une lettre à leur attention pour expliquer son geste.Depuis son incarcération, Jacques Bouille est remplacé à tête de la commune de Saint-Cyprien par son premier adjoint, Pierre Fontvieille.??H.V. ?










