Pourquoi le fondateur de PrintOClock se lance dans le cannabis “bien-être”
L'initiative pourrait surprendre ; elle s'appuie pourtant sur une analyse fine d'un marché potentiellement porteur. Antoine Roux, fondateur et président de la société toulousaine PrintOClock (CA 2020 : 13,5 M€), qui se revendique comme le 1er indépendant français sur le marché de l’impression en ligne pour les professionnels, est en train de bâtir un petit empire... du cannabis ! « Il existe aujourd'hui un vide juridique concernant les cannabinoïdes n'ayant pas d'effets psychoactifs, mais dédiés au bien-être, comme le CBD, explique-t-il à La Lettre M. L'Union européenne a récemment ouvert une brèche et, en France, nous attendons une loi qui devrait permettre de mieux encadrer les choses, sans doute d'ici à la fin du premier semestre. » En attendant, les acteurs se multiplient sur ce marché qui, s'il venait à réellement éclore, pourrait bien être colossal. Serait-ce donc par simple opportunisme qu'Antoine Roux place d'ores et déjà ses pions sur l'échiquier ? « Pas du tout ! rétorque-t-il. À titre personnel, je consomme très peu de médicaments et suis un adepte des huiles essentielles depuis toujours. Je suis très écolo, je fais de la permaculture, du yoga et, tout comme mon frère agriculteur, je suis un passionné du travail de la terre. Ce sujet me parle donc réellement. Bien sûr, il s'agit aussi d'un business, mais en tant qu'entrepreneur, je suis avant tout séduit par la perspective de mener un combat de type David contre Goliath... »
Un premier investissement de 5 M€
Face aux géants nord-américains qui trustent le marché, le patron toulousain prévoit d'investir trois verticales différentes, sous l'égide d'une holding baptisée “la Financière du Chanvre”, afin de faire émerger un champion français. Première activité : la commercialisation dès mi-avril de produits à base de CBD (huiles, infusions, cosmétiques...) sous la marque Yogah, en ligne mais aussi dans plusieurs centaines de points de vente. Puis, en juin, Antoine Roux et ses équipes lanceront Amazen, une place de marché virtuelle qui référencera des produits à base de CBD. Enfin, la Financière du Chanvre portera un projet pilote de type agricole : la production de chanvre dans les Landes. « Dans un second temps, l'objectif sera de travailler en partenariat avec des agriculteurs », prévient Antoine Roux, qui n'oublie pas que la chaîne ne serait véritablement complète que dans la perspective d'une autorisation de l'extraction du CBD en France, n'étant pour l'heure pas d'actualité. « Nous attendons du pragmatisme » de la part du législateur, commente le chef d'entreprise, qui prévoit d'investir jusqu'à 5 M€ en propre dans ce projet. « Puis, sans doute dans les trois ans qui viennent, il sera possible d'accueillir des investisseurs », glisse-t-il. D'ici-là, le projet – qui a déjà permis deux recrutements - occupe une partie des 65 salariés de PrintOClock, alors que le marché de l'imprimerie est impacté de plein fouet par la crise de l'événementiel.










