Pour Claude Allègre, pas de développement durable à coup de subventions
« Si vous faites de l’écologie à coup de subventions de l’Etat, ça sera mort, a déclaré Claude Allègre, scientifique et ancien ministre de l’Eduction nationale, mardi 16 novembre à La Grande-Motte lors de l’assemblée générale de l’Unicem (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction) L.-R. Et vous l’avez aujourd’hui. On a fabriqué du photovoltaïque et de l’éolien à coup de subventions. La crise aidant, on revient à des fondamentaux. Un certain nombre d’entreprises se retrouvent en faillite. Pourquoi ? On a développé quelque chose trop éloigné du marché. Produire de l’électricité avec du photovoltaïque ou de l’éolien, c’est 2,5 fois plus cher qu’avec les techniques traditionnelles. On ne réduit pas ce facteur par des subventions et des crédits d’impôt. C’est une vision soviétique, qui ne marche pas. Subventionner ce secteur, ça veut dire que cet argent ne va pas ailleurs, notamment à la consommation. Pour 4 emplois créés d’un côté, on en a supprimé 8 de l’autre. »
Boom de la voiture électrique
Côté transports, Claude Allègre mise sur le développement de la voiture électrique : « La voiture électrique va marcher. C’est parti, le dernier salon de l’automobile l’a montré. On va pouvoir respirer dans les villes. Le problème pour l’instant, c’est leur prix. Elles sont deux fois plus chères que les voitures à essence. Au lieu de subventionner, le marché s’adapte. Des sociétés privées, des municipalités, des constructeurs imaginent la mise en place de systèmes de location. Au départ, ces voitures ne seront pas vendues. Cela baissera le prix de revient : on en produira de plus en plus et on amortira les frais de recherche. Jusqu’au moment où le prix rentrera dans le marché. Là, c’est une bonne démarche : on s’est soucié du problème économique d’entrée de jeu ! »
En conclusion, Claude Allègre a exprimé des inquiétudes sur la solidité du green business : « La croissance verte, oui, mais ça ne viendra pas automatiquement. Nous avons un devoir absolu de préservation de l’environnement. C’est un défi considérable, qui demande l’intelligence, l’innovation et le sens du risque de tout le monde. A force de poser trop de contraintes autour de l’environnement, on court le risque de tout geler et de revenir à l’adage anglo-saxon : ‘business as usual’. Ce qui ne serait pas bon du tout. »
Photo : JP.Vigne










