Positive Aviation veut sécuriser 125 M€ d’ici à la fin de l’année
La société haut-garonnaise Positive Aviation entend « sécuriser 125 M€ d’ici à la fin de l’année » afin d’accompagner le développement et l’industrialisation de son FF72, avion amphibie bombardier d’eau basé sur l’ATR 72, alternative au Canadair, annonce à La Lettre M Laurent Schmitt, président. Dans le détail, il s’agirait d’« une levée de 40 M€ » couplée à des subventions, des prêts et des commandes émanant de clients. L’entreprise de 60 salariés, qui porte un projet industriel global de 150 M€ prévoyant notamment la construction d’une usine de flotteurs à Vannes (56) et d’une chaîne d’assemblage de 7 000 m2 à Toulouse Blagnac, vise à terme 280 M€ de chiffre d’affaires, avec la création de 300 emplois directs.
Rétrofiter l'ATR 72
Positive Aviation est née à Blagnac en 2024 d’« une prise de conscience », explique le dirigeant : « Dès 2020, nous avons anticipé que deux courbes allaient se croiser. D’un côté, le risque grandissant des feux de forêt, et de l’autre la baisse des capacités aériennes permettant de lutter contre ces feux. » En ligne de mire : les fameux Canadair, dont la production vient de reprendre après une décennie d’arrêt. « Ils arriveront sur le marché en toute petite quantité et à des prix très élevés », grince Laurent Schmitt, pour qui la solution n’est pas de développer un nouvel avion mais bien de miser sur le rétrofit d’un avion existant, l’ATR 72.
Une alternative au Canadair
Un projet comparable à celui porté par une autre entreprise toulousaine, Kepplair, lauréate des Masters Occitanie Ouest 2026 de La Lettre M dans la catégorie « Jeune pousse » ? « Pas vraiment, répond le dirigeant de Positive Aviation. Si nous souhaitons également mettre sur le marché dès 2028 un tanker sans flotteur, bombardier d’eau terrestre alternative au Dash 8 visant à transporter du retardant, ce ne sera pas notre cœur de métier, insiste-t-il. L’avion que nous développons sera un hydravion écopeur amphibie, alternative au Canadair. » Autrement dit, un appareil – vendu à 35 M€ l’unité – capable d’emporter jusqu’à 8 000 litres d’eau écopés directement en mer ou sur lac et rivière.
La société, qui va débuter en octobre prochain une campagne d’essai en vol de son démonstrateur, prévoit une mise en service de son appareil début 2029. Objectif ? Produire en vitesse de croisière douze avions chaque année. Une feuille de route ambitieuse qui l’amène à chercher à sécuriser 125 M€ dans les prochains mois après avoir déjà mobilisé 25 M€ de financement depuis sa création.











