La Chambre régionale des comptes publie un nouveau rapport accablant sur les dernières années de la gestion de la commune de Pont-Saint-Esprit par Gilbert Baumet, maire de 1971 à 2011. Un rapport précédent, en 2008, qui stigmatisait déjà très sévèrement la gestion par l’ancien maire, de cette commune gardoise de 10 300 habitants, avait entraîné une hausse des impôts locaux, et la chute, dans un climat violent et tendu, de l’élu, aux commandes de la commune depuis 1971. Il a été remplacé, début 2011, par Roger Castillon (DVG). Dont le budget 2011 avait, à son tour, été rejeté par la Chambre régionale des comptes. Dans le rapport qui vient d’être publié, la chambre constate, en préambule, qu’« aucune des recommandations de la chambre portant sur la situation financière, l’impact des travaux en régie, la politique de recrutement ainsi que sur l’examen des dépenses d’animation touristique et d’entretien n’a été suivi d’effets ». Et elle enfonce le clou : « Les pratiques soulignées ont perduré, dégradant encore plus une situation financière déjà très fragile ».
Comptes inexacts
« Les comptes présentés par la commune de Pont-Saint-Esprit sont, pour une large part, inexacts », affirme la CRC. Elle constate néanmoins que « le déficit de 2008 s’est résorbé, en raison des restrictions budgétaires préconisées en 2009 et en 2010 par la chambre régionale des comptes après la saisine du préfet ». Les charges de fonctionnement, qui avaient bondi de 14,3 M€ en 2005 à 19,3 M€ en 2008, ont diminuée pour revenir à 11,5 M€ en 2010. Les autres charges (personnel, réelles), ont suivi le même effet de yo-yo. La capacité d’autofinancement, qui plongeait à - 2,2 M€ en 2008, est remontée à 4,1 M€ en 2010. Les dépenses d’équipement ont été réduites de 98 %, entre 2005 et 2010, les banques refusant, à partir de 2005, de prêter à la commune, qui n’assurait plus les échéances. Cette incapacité à emprunter a permis de baisser légèrement la dette de la commune, qui restait de 19,7 M€ en 2010, soit 2 484 €/habitant, contre 884 €/habitant en moyenne pour une commune de cette taille.
Fêtes et cérémonies
Parmi les raisons de cette dérive : « les fêtes et cérémonies (qui) ont largement contribué à la dégradation de la situation financière de la commune (…) de par leur importance démesurée », le train de vie de la mairie (qui) n’était pas compatible avec la situation financière très dégradée », ou encore le niveau « élevé de frais de contentieux ». Concernant le personnel, la CRC note que « la connaissance exacte des effectifs de Pont-Saint-Esprit reste un exercice difficile ». Tout en constant une « légère diminution des effectifs » entre 2006 et 2010, elle remarque que le nombre d’employés communaux (251 en 2011), reste « très supérieur à la moyenne de la strate, qui s’élève à 134 pour les communes de 7 0000 à 9 999 habitants » et 219 pour la strate supérieure. Plus nombreux que la normale, les employés municipaux spiripontains travaillent moins qu’ailleurs : 1 494 heures par an, contre une durée annuelle légale de 1 607 heures. La CRC épingle par ailleurs le cumul des emplois publics exercé par l’ancien directeur général, René Stéfanini, qui percevait 7 188 € pour trois postes : directeur général des services de la commune, directeur du CCAS, et directeur de la communauté de communes (RCL).