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| 16/09/2021

Philippe Farenc (IMT Mines Albi) : « Créer une sororité pour les étudiantes qui n'osent pas fonder leur entreprise »

Du 17 au 19 septembre, les écoles d’IMT Mines Albi et IMT Mines Alès réunissent vingt jeunes étudiantes-entrepreneuses des deux écoles dans le cadre d'un nouveau dispositif baptisé Déploiement d’Elles. Interrogé par La Lettre M, Philippe Farenc, directeur du développement économique et entrepreuneuriat de l'IMT Mines Albi, explique le dispositif.

Quel est l'objectif de ce nouveau dispositif ?

À l’IMT Mines Albi, environ 8 % des étudiants optent pour le parcours étudiant-entrepreneur proposé en 2e année. Or, je constate que la proportion d’étudiantes qui s’engagent dans ce parcours est systématiquement inférieure de dix points par rapport à la représentation féminine d’une promotion qui est de 38 %. À l’issue de ce programme, certains étudiants créent leur entreprise mais aucune fille. Avec ma collègue Anne Lichtenberger, responsable de l'incubateur, adjointe à la directrice du développement économique de l’IMT Mines Alès, nous avons eu l’idée de créer ce dispositif Déploiement d’Elles, sur un week-end et sous la forme d’un bootcamp, ponctué de nombreux ateliers. L’objectif est que ces étudiantes puissent y voir clair sur les points bloquants et lever les verrous psychologiques auxquels elles sont confrontées. Cinq jeunes entrepreneuses des Monts de Lacaune, passées par ces phases de création d’entreprise, viendront témoigner de leur expérience.

Quels sont les freins à la création d’entreprise que rencontrent ces étudiantes ?

Quand on les questionne, ces étudiantes vont être davantage préoccupées par ce qu’elles vont devenir dans trois ou quatre ans. Et surtout, elles manquent d’outils et de repères sur ce que pourrait être leur vie d’entrepreneuse, quelles pourraient être les limites à se fixer pour que leur vie professionnelle n’empiète pas sur la vie de couple ou de famille, etc. Elles restent bloquées face à une prise de décision. Au-delà de ces deux jours, on espère, en partenariat avec l’association des Premières d’Occitanie, et la Fédération des femmes chefs d’entreprise, créer cette sororité qui va leur permettre pendant leurs études et au cours de l’élaboration de leurs projets, de ne jamais être seules devant les décisions qu’elles devront prendre.

Que deviennent ces étudiantes ?

Elles prennent un emploi de salariée, mais souvent un ou deux ans après, elles souhaitent avoir un métier qui donne du sens à leur vie, comme beaucoup d’autres jeunes. L’entreprenariat est en effet un des moyens qui permet de donner du sens à sa vie professionnelle. Si on est à l’aise et que l’on dimensionne bien le projet au départ et que l’on fait les bons choix, on peut vraiment bâtir un projet qui correspond à ce que l’on veut faire dans la vie. Par la suite, nous souhaiterions monter un programme de mécenat pour accompagner ces jeunes étudiantes dans leurs parcours.

Catherine Léhé/lehe@lalettrem.net
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