Perpignan/Viticulture - L’Agglo de Perpignan lance un plan de sauvetage de la viticulture
La communauté d’agglomération de Perpignan signe une convention avec la Safer, la chambre d’agriculture et le syndicat des vignerons pour limiter l’arrachage des vignes. Baptisé « Vignes patrimoine », le dispositif vise à sauvegarder l’espace viticole sur le territoire de l’agglomération de Perpignan (24 communes), l’une des rares collectivités à détenir la compétence viticulture. « Ce projet émane d’une réflexion portée par les professionnels et les maires des communes de l’agglo qui détiennent un espace viticole important », précise Daniel Mach, vice-président de l’agglomération chargé du développement économique.« Sur l’agglo, nous détenons 6 000 ha de vignes dont 5 000 ha pourraient être inscrites au patrimoine et éviter l’arrachage », explique Paul Schramm, maire de Calce et vice-président de l’agglo en charge de la viticulture. Les 1 000 ha restant concernent sept communes qui ne souhaitent pas intégrer ce dispositif. En 2008, 180 ha ont été arrachés en 2008 sur 1 800 ha ayant fait l’objet d’une demande en 2007.Quatre scenarii« Avec ce projet, nous voulons éviter un arrachage trop important des vignes. Suite à un appel à projet lancé par la Région, nous avons tenter d’apporter une réponse complémentaire » souligne-t-il. « L’agglomération est prête à investir jusqu’à 1 M€ » déclare le président de l’Agglo, Jean-Paul Alduy, en complément de l’aide de la Région. « À partir de la connaissance des intentions d’arrachage, nous avons établi quatre scénarii visant à préserver la vigne » explique Paul Schramm.Le premier scénario envisage que, sur une durée de 10 ans, 2 000 €/ha seront attribués au viticulteur souhaitant arracher à condition qu’il consente à vendre sa parcelle. L’acheteur percevra 1 000 € par ha.Le second scénario propose au viticulteur qui veut arracher, mais qui veut rester propriétaire de sa terre, de signer une convention de mise à disposition. Il percevra 60 % de la prime d’arrachage la première année et les 40 % autres seront répartis sur cinq ans. Le locataire percevra 300 € par ha.« Aujourd’hui, seulement 10 ha sont concernés par ces mesures. Nous espérons atteindre 200 ha dans les trois ans à venir » espère Paul Schramm. Les territoires concernés se situent à Baixas, Calce, Perpignan et Pollestres. « Nous pensions sauver 600 ha sur trois ans, mais nous avons eu un problème avec Viniflhor » précise-t-il.« Redonner confiance aux viticulteurs »Ne cachant pas son mécontentement vis à vis de Vinflhor, Denis Pigouche, le président des vignerons du Roussillon annonce que « le syndicat va communiquer ces mesures auprès des viticulteurs, pour leur redonner confiance ». Plus modéré, Claude Jourda, président de la Safer et de la FDSEA 66, constate « la prise de conscience des politiques pour limiter l’urbanisation, sans quoi nous ne parviendrons à rien. Ces mesures permettront notamment aux jeunes viticulteurs de s’installer et d’être soulagés par le poids du foncier ».V.C.










