Olivier Giorgiucci (FRTP) : « Les délais sont de plus en plus imprévisibles »
« Les délais entre le moment de la prise de décision des élus et le démarrage d’un chantier sont de plus en plus imprévisibles, et s’allongent », déclare, mardi 28/11 à Montpellier, Olivier Giorgiucci, président de la FRTP Occitanie Méditerranée. Autre motif d’inquiétude, émis par Jean-Louis Marchand, vice-président de la FNTP : les recours. « Si l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne se fait pas, il n’y aura plus aucun grand projet d’infrastructure qui se fera dans les 30 prochaines années en France, car n’importe qui se sentira habilité à bloquer un projet », avertit-il.
Côté conjoncture, pour Olivier Giorgiucci, « 2016 a été la partie basse du cycle en ex-LR. Depuis 2012, on a perdu un quart de l’activité et 15 % de nos emplois. D’après la DGFIP, les dépenses des collectivités en TP ont baissé de 20 % en Occitanie entre 2012 et 2016. Les TP sont la variable d’ajustement des budgets publics. Le patrimoine s’est dégradé, l’état du réseau est préoccupant par endroits, alors que la situation financière des collectivités s’est globalement améliorée. Les collectivités entrent dans la dernière partie des mandats municipaux : elles relancent l’investissement. En 2017, l’activité progresse légèrement. Quelles perspectives ? La situation reste contrastée sur territoires et métiers. Dans le Gard, nous observons un regain des consultations depuis le début de l’année. Ce n’est pas le cas dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude. Plus généralement, une fracture se crée entre les zones rurales et urbaines. Dans l’Hérault, la mise en place de nouvelles compétences au sein de Montpellier Métropole a pris un peu de temps. On espère un redémarrage en 2018. »
Il évoque par ailleurs une mutation du métier. « On se bat pour les LGV, mais le cœur de notre métier, c’est les besoins d’eau, d’énergie, de communication. La transition écologique et numérique transforme nos métiers. Auparavant, on prenait le règlement écologique comme des contraintes. Mais c’est en fait des besoins énormes de requalification et de rénovation des infrastructures, des nouveaux réseaux (fibres, bornes de recharges électrique), et un besoin de concevoir les travaux autrement. Le littoral est attractif, mais il faut l’aménager autrement. Il faut par ailleurs pérenniser les ressources en eau, interconnecter les voiries, préparer les nouvelles formes de mobilité, comme les véhicules électriques… »










