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Région Occitanie
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Aéronautique et spatial
| 27/10/2026

Nicolas Granier (Aerospace Valley) : « Nous sommes le premier pôle de compétitivité de la filière à l’échelle européenne »

© Aerospace Valley / Airbus

Élu en septembre à la présidence du pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui rassemble 835 acteurs de l’aéronautique, du spatial et des drones en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, Nicolas Granier évoque dans un entretien exclusif accordé à La Lettre M les grandes lignes de sa feuille de route stratégique.

Que représente Aerospace Valley aujourd’hui ?
Nous sommes le premier pôle de compétitivité de la filière à l’échelle européenne. Nos membres, qui sont basés à la fois en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, représentent tous les maillons de la chaîne de valeur, des grands groupes aux start-up en passant par les PME et les ETI, mais aussi les institutions, les écoles et les structures de recherche. Nos missions sont multiples. Tout d’abord, il s’agit de fédérer nos membres afin qu’ils se connaissent et qu’ils collaborent entre eux, en vue de stimuler l’innovation. Par ailleurs, nous jouons un rôle d’animation, de mise en relation : l’idée, schématiquement, est que la start-up qui travaille sur un sujet hyper prometteur puisse être visible des grands groupes. Enfin, nous œuvrons au renforcement de la capacité industrielle de la filière, alors que tous les programmes sont actuellement en croissance, que ce soit dans le civil ou le militaire. Pour accompagner ce mouvement, il faut aussi aller chercher les talents, anticiper l’évolution des compétences et accompagner les transitions environnementales et digitales, avec notamment l’intégration de l’IA.

Quel sera, demain, le modèle économique du pôle, alors que les financements publics se réduisent ?
Maintenir un certain niveau de financement public est un enjeu fort, en effet. Aujourd’hui, cet apport représente environ 25 % de notre budget de fonctionnement. Le reste, ce sont des financements privés, la participation à des projets, des prestations qui sont commercialisées… Il ne faut pas que nous descendions en-dessous d’un certain niveau d’engagement public, afin de pouvoir continuer à revendiquer un objectif d’intérêt général, en vue d’entraîner l’ensemble de la filière.

Que rôle peut jouer le pôle dans l’accompagnement de la montée en cadence de la production ?
Sur ce front, nous soutenons l’initiative Aero Excellence (programme d'amélioration continue et de certification destiné aux entreprises des secteurs de l'aéronautique, du spatial et de la défense, NDLR). L’idée est d’aller diagnostiquer le niveau de maturité des entreprises de la supply chain (chaîne de sous-traitance partenariale, NDLR). Pour aller plus loin encore, nous avons lancé le programme d’actions collectives Cap Industrie, avec pour ambition de sensibiliser et de soutenir les démarches de transformation industrielle alignées sur les enjeux de la filière. Dans ce cadre, nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt.

En quoi la défense constitue-t-elle un relais de croissance pour vos membres ?
Plus de 300 membres d’Aerospace Valley font partie de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) française, ce qui est naturel dans la mesure où nombre d’entreprises du secteur sont positionnées sur des technologies duales (à la fois civiles et militaires, NDLR). Elles voient dans la défense une opportunité de développement. Et là encore, nous jouons à plein notre rôle en accompagnant le montage de projets collaboratifs.

Comment vous positionnez-vous face à un secteur spatial à la fois en forte croissance et en pleine mutation ?
Vous avez raison, le spatial connaît aujourd’hui une importante croissance et fait face à une énorme transition, avec le développement des acteurs du NewSpace (spatial d’initiative privée, NDLR). Les enjeux sont forts pour le territoire, où sont présents les grands groupes qui portent la filière, mais aussi tout un écosystème. Notre rôle consiste à maximiser la valeur ajoutée des acteurs et les retombées économiques dans nos deux régions.

La montée en cadence de la production doit se conjuguer avec une nécessaire décarbonation, en particulier dans l’aéronautique. Quel rôle jouez-vous dans ce cadre ?
Je prendrais deux exemples qui illustrent bien, je crois, le rôle que nous pouvons jouer. Tout d’abord, Aerospace Valley a été impliqué très tôt dans l’accompagnement de la structuration d’une filière Saf (carburants d’aviation durable, NDLR) dans le territoire. Aujourd’hui, un certain nombre de nos membres se positionnent comme de futurs producteurs de Saf. Nous les accompagnons dans leur développement, leur financement et le lien qu’ils peuvent développer avec le monde aéronautique. Autre exemple : l’aviation légère. Le pôle a là encore été précurseur dans le soutien à des sociétés locales positionnées sur ce créneau, en particulier avec le programme Maele (dédié à l’aviation légère décarbonée, NDLR) et l’événement Green Aero Days. Nous sommes fiers de compter dans le territoire des entreprises qui ont pour objectif de mettre sur le marché leurs propres aéronefs tout en faisant maturer des briques technologiques susceptibles d’être utilisées dans un temps plus lointain pour l’aviation commerciale. Nous devons pouvoir continuer à fédérer du financement sur ces sujets autour de projets collaboratifs. C’est la raison pour laquelle je vais prochainement me rendre à Bruxelles afin de continuer à démontrer aux instances européennes tout l’intérêt de nos trois filières. Car lorsqu’un euro de subventions publiques est engagé dans Aerospace Valley, 260 € sont investis par nos membres afin de développer les projets de demain.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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