
L’économiste Nicolas Bouzou, invité vedette de la manifestation Visio Territoire, organisée hier soir par la CCI de Montpellier, a affirmé que les grands chantiers prévus en Languedoc-Roussillon ne créeraient pas d’emplois. « Les infrastructures, c’est formidable : mettez des autoroutes, quadruplez les voies. Mais ne pensez pas sérieusement que ça crée un seul emploi. D’après mes calculs, ce sont 400 millions d’emplois qui auraient dû être créés par l’ensemble des infrastructures en France ces dernières années ! D’autre part, le train peut aller dans les deux sens. C’est très bien s’il fait venir des gens, mais l’Espagne est le pays qui a le plus de gares et d’aéroports au monde… Ce qui est important, c’est la politique d’attractivité économique qui va avec. Vous voulez être le territoire le plus riche du monde ? Il suffit de faire venir les classes créatives : les grands chercheurs, les dirigeants d’entreprises et les jeunes ». Visiblement très apprécié du public de chefs d’entreprises réuni au Corum, l’économiste s’est également lancé dans un éloge du tourisme haut de gamme « avec des hôtels 4 ou 5 étoiles ».
2 500 emplois pérennisés, selon Jean-Pierre Moure
Réponse du directeur régional de l’Insee, Francis Vennat : « la plus grande capacité d’accueil en Languedoc-Roussillon, ce sont les résidences secondaires, qui ne sont pas du 4 étoiles. Et le tourisme haut de gamme ne résout pas du tout la question de l’emploi saisonnier ». Quant au président du conseil général, André Vezinhet, il a répliqué à Nicolas Bouzou (parti entre-temps prendre son train pour Paris), que « ce n’est pas sur la frange littorale, celle où se pratique le tourisme du bronze-cul, que nous avons les meilleurs évolutions, mais dans les territoires loin des grands centres urbains ». De son côté, le président de l’Agglo de Montpellier, Jean-Pierre Moure, a rappelé que 5 Md€ de travaux d’infrastructures allaient être engagés d’ici à 2017, avec le CNM, l’A9, mais aussi la ligne 5 du tramway et la production de 5 200 logements par an. Ces chantiers représentent selon lui « 8 000 emplois mobilisables par an pendant cinq ans ». Il estime pour sa part que, sur ces 8 000 emplois temporaires, 2 000 à 2 500 pourraient être pérennisés. De son côté, le directeur du CNM, Joseph Giordano, a expliqué que le chantier, qui s'achèvera en 2017, créera 1 500 emplois directs pendant les travaux, et quelques centaines, ensuite, pour l'exploitation de la ligne.