Pyrénées-Orientales
Energies
Nathalie Kosciusko-Morizet, de Leucate au Golfe du Lion
La venue de la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, jeudi 13 octobre, dans l’Aude et les P.-O., a été ponctuée de rencontres et d’inaugurations avec trois temps forts : table ronde à Leucate, inauguration de la centrale photovoltaïque de Saint-Charles, création du parc naturel marin. Reportage.

Rencontre avec les élus à Leucate
Une table ronde attendait la ministre dès son arrivée sur la commune de Leucate, fief de Michel Py (UMP). « De nombreux élus locaux, départementaux et régionaux étaient présents à cette réunion, dont Jacques Bascou député-maire de Narbonne et président de l’Agglomération, ou encore Christian Bourquin, président de la Région L-R », souligne Michel Py. Trois thèmes ont été abordés : les évolutions des règlements d’urbanisme avec les risques inondations ou le réchauffement climatique qui impactent les communes littorales, les infrastructures : la LGV, le projet de gare nouvelle et l’extension du port de Port-la-Nouvelle. Sur ce dernier point, important pour le développement économique du territoire narbonnais, la ministre qui est aussi ministre en charge des transports a déclaré à La Lettre M : « Je crois beaucoup à l’interface avec le ferroviaire sur le port de Port-la-Nouvelle. L’évolution de cet outil apporte une vraie cohérence en participant à la réduction du nombre de camions sur les routes. » À l’issue de cette rencontre, la ministre à inauguré la nouvelle station d’épuration de Port-Leucate (15 M€ HT, 45 000 EH).

Inauguration à Saint-Charles International
La ministre, accompagnée d’une cohorte d’élus locaux, s’est rendue au 6e et dernier étage, des anciens bâtiments de la Bourse, où le soleil et la tramontane s’étaient aussi invités, pour avoir un réel aperçu des 97 000 tuiles photovoltaïques posées sur 68 000 m2 de toits de 11 entreprises de la plate-forme Saint Charles International, dirigée par Georges Jordan. Celle-ci a même lancé officiellement le compteur des Kwh produits quotidiennement (10 411 KWh) et des tonnes de CO2 économisés (5032 tonnes). « Deux ans de travaux ont été nécessaire à la réalisation de cette centrale photovoltaïque. Dans mon esprit cela c’est surtout de l’emploi. Une nouvelle industrie se crée. Les panneaux ne sont pas là pour faire joli mais pour créer de l’emploi » insiste la ministre en précisant « on ne peut pas être concurrentiels face à d’autres pays sur les matières premières et les bas salaires. On fera la différence en inventant les technologies de demain. Pour cela, il faut inventer une nouvelle façon de fonctionner. » Le projet de Saint Charles International en est la parfaite illustration selon elle. « Ce que l’on a lancé avec le photovoltaïque c’est formidable. Les objectifs fixés pour 2020 seront atteints en 2016. Le rythme actuel est de 500 MW par an. On ne laisse pas tombé. Mais, nous ne voulons pas d’un objectif de puissance sans objectif d’emplois associés à une filière industrielle. Je suis venue inaugurer cette centrale parce que les panneaux sont de conception française. Ce n’est pas le cas ailleurs ! J’invite les acteurs à concourir à l’appel d’offre pour la nouvelle tranche de Saint Charles », déclare la ministre.
Éolien off-shore
Elle a profité de l’occasion pour évoquer le développement de l’éolien Offshore ou encore le bois énergie, dont la puissance va passer de 200 à 400 MW. « J’ai sollicité le préfet pour déterminer des sites susceptibles d’accueillir de l’éolien offshore dans le département », a-t-elle annoncé. Lors d’une conférence de presse, les partenaires de l’opération exprimé un bémol : « Le discours de la ministre n’est pas mauvais. Mais, c’est la décision brutale de la baisse des prix qui a anéanti les projets et les entreprises. La baisse des prix est inexorable mais il aurait fallu plus de planification », a fait remarquer Eric Scotto, directeur de Saint-Charles Solaire. André Joffre, le président de Derbi confirme : « Nous irons sur l’appel d’offres pour Saint-Charles 2, mais sans grande conviction, puisque la puissance accordée aux bâtiment est de seulement 40 MWc ». Il avance l’idée d’un protectionnisme européen pour faire face à la production chinoise et ainsi soutenir la filière. Présente, la directrice régionale de la Caisse des dépôts a assuré les élus, comme les acteurs, de sa volonté de soutenir une filière développement durable. « Nous sommes intervenus dans le capital de sociétés telle que Valeco, Energie Sud et Aérowatt ». La Caisse des dépôts a annoncé à la ministre une enveloppe annuelle de 156 M€ par an pour les trois années à venir au niveau national.

Le parc naturel marin enfin créé
La ministre est aussi partie en mer observer l’étendue du parc naturel marin Golfe du lion (4 019 km2 de mer), le 3e créé en France, sur le remorqueur l’Ailette au départ de Port-Vendres. Sa venue s’est faite le jour même de la publication au JO du décret de classement du Parc naturel marin Golfe du Lion entérine officiellement la structure placée sous la tutelle de l’agence des aires marines protégées basée à Port-Vendres. « C’est quatre années de concertation avec les acteurs locaux » indique la ministre depuis le centre océanographique de Banyuls en présence des élus audois Michel Py, maire de Leucate et Jacques Bascou, député-maire de Narbonne. Un point rectifié par Christian Bourquin, porteur du projet quand il était à la tête du conseil général « c’est 10 ans de travail » a-t-il précisé en notant que le nom Golfe du Lion ne le satisfaisait pas. « Je ne fais pas du nom une religion. Un nom doit refléter l’ambition du projet » a répondu la ministre. Jérôme Bignon, député de la Somme et président de l’agence des aires marines protégées, a précisé que « la longue concertation a conduit à l’élargissement du périmètre jusqu’au littoral audois mais aussi de construire un véritable outil. » La ministre a fait remarquer « l’originalité du parc avec son aspect transfrontalier avec l’Espagne. » Elle a aussi indiqué que le comité de gestion, l’exécutif de la structure doit très vite se mettre en place (60 personnalités y siègeront) et précisé la feuille de route. Le parc va suivre huit orientations : connaissance et suivi du milieu marin, des écosystèmes et des activités socio-économiques notamment le tourisme nautique, la coopération avec l’Espagne, favoriser la gestion des ressources, préserver la qualité de l’eau… « Le parc marin n’est pas un sanctuaire, c’est un espace règlementé » a-t-elle indiqué. Présent, Serge Paillarès, président de la fédération des ports a déclaré à la Lettre M « ce parc affiche une cohérence territoriale très importante. Il trace un nouveau sillon pour la région qui se tourne désormais vers la mer. Il né trois ou quatre mois avant le parlement de la mer et il prend toute sa dimension dans le projet européen Odyssea. »










