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BTP
| 7/09/2012

Narbonne : un genou à terre, le bâtiment cherche des solutions pour rebondir

Réunis hier à la CCIT de Narbonne, à l’initiative de son président Bernard Ballester, les professionnels du bâtiment, les pouvoirs publics, les syndicats, les consulaires et les collectivités locales et autres élus parlementaires, ont présenté des pistes pour accélérer les chantiers en cours et à venir d’ici la fin de l’année et surtout pour 2013. La crise, qui persiste, la baisse tangible de la commande publique, des permis de construire et des mises en chantier laissent entrevoir aux acteurs de ce secteur un avenir incertain sans vision sur les projets à venir ou de réponses sur les financements. La filière BTP du narbonnais pèse 1 550 entreprises pour 5 500 emplois.

Une conjoncture sombre
« Depuis 2008, on constate une baisse régulière des activités dans le BTP. Nous avons perdu 1 300 emplois en quatre ans, note André Maratuech, vice-président de fédération audoise du BTP. Aujourd’hui, on manque de visibilité, tant sur les marchés publics que privés. À cela s’ajoutent des difficultés d’accès au financement pour les collectivités et les particuliers ». Il souligne que l’intérim a chuté de près de 31 % en un an, et les mises en chantiers de plus de 20 %. Le constat est aussi alarmant pour les travaux publics, souligne Olivier Grün, président de la délégation Aude de la FRTP : « Depuis 3 ans, les CA ont chuté de 20 % et les effectifs de 10 %. Selon nos prévisions, le niveau d’activité de 2012 retrouve celui de 2005 ». Louis Madaule, élu à la CCI et PDG de la société éponyme, renchérit : « les comptes d’exploitations ne sont pas bons. On n’investit plus dans le matériel, alors que celui-ci arrive en fin d’exploitation. Après l’intérim, ce sont les salariés qui seront touchés pour assurer la pérennité de l’entreprise. » Le constat est similaire dans le secteur de l’artisanat, selon la Capeb. Les acteurs rassemblés dénoncent aussi « le blocage des banques, des lourdeurs administratives, des charges trop lourdes. » Alain Avezou, président de la CGPME de l'Aude, et depuis peu de la CGPME régionale, estime que « les projets doivent être amenés plus vite. Le traitement devrait être ramené à 2 à 3 mois pour créer un bol d’air. » Hervé Boissonnade, vice-président du Medef Aude, alerte sur les conséquences en chaîne sur les autres secteurs : vente de matériaux, de véhicules…
« Je n’ai plus de projet »
« Je n’ai plus de projet pour notre bureau d’études jusqu’à la fin de l’année. Il y a des chantiers dans les cartons, sachant qu’il faut un an entre l’étude et le démarrage d’affaires. Les perspectives sont noires avec une baisse d’activité de 30 % pour 2013 », dénonce Guy Lamic, directeur d’activités du groupe SM Entreprise qui attend des décisions plus rapides. Dans le même sens le cabinet d’architectes Léonard dit avoir en stock 20 M€ de travaux en attente d'autorisations. Une entreprise de génie civil, basée à Peyriac-Minervois, dénonce quant à elle « un marché d’une STEP signé, qui ne peut aboutir faute de financement bancaire, alors que les subventions sont là. Ce chantier aurait mobilisé deux équipes pendant six mois. Si cela continue, on va licencier. Et quand le marché repartira, comment fera-t-on ? » Frédéric Fongaro, dirigeant de l’entreprise éponyme, emploie aujourd’hui 14 salariés, contre 21. « J’envisage de passer de 39 à 35 heures hebdomadaire pour faire face à 2013. J’ai deux marchés publics à l’étude qui ne démarreront pas avant fin 2013. »
Chômage partiel
Face à ces constats, la Direccte propose de mobiliser la mesure du chômage partiel pour aider les entreprises à préserver les savoir-faire. De son côté, le président de l’agglo de Narbonne, Jacques Bascou, se dit conscient de la nécessité d’avoir « plus de transparence sur les projets, avec un calendrier à établir pour permettre aux professionnels d’anticiper leur niveau d’activité et les besoins en effectif. » Une réunion sur les projets 2013 va être organisée. De la même manière, le représentant de l’association française des banques propose de réunir les professionnels pour parler de leurs problèmes mensuellement, tout en appelant de ses vœux un fonds de retournement pour aider les entreprises dans leurs fonds propres. Le sénateur Courteau note que les voyants sont au rouge mais indique que le projet de loi sur le logement (500 000 logements prévus dont 150 000 sociaux) passe en examen la semaine prochaine pour une opérationnalité en octobre/novembre, le dispositif fiscal Scellier sera remplacé par la loi de finance 2013, l’équilibrage de la charge fiscale pour les PME et les grandes entreprises est à l’étude... Présente, Marie-Paule Bardèche, sous-préfète de Narbonne, fait mention de la future agence de financement, qui réunira la CDC et la Banque Postale pour pallier la liquidation de Dexia. « La commission départementale de financement de l’économie, qui réunit les banques, se tiendra le 25 septembre en préfecture de Carcassonne », annonce-t-elle, en ajoutant au passage que « la dotation de l’Anah est mal mobilisée, il faudrait communiquer auprès des particuliers dans ce sens. » Elle a estimé à 58 M€ le montant des travaux réalisables à très court terme dans les logements sociaux dans l’Aude. Les bailleurs sociaux projettent aussi la réhabilitation de 500 à 700 logements.
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