Nanosatellites : pourquoi Hemeria mise sur une plateforme « générique »
11 M€ : c'est l'enveloppe engagée par la société toulousaine Hemeria pour développer une plateforme nanosatellite compatible multi-charges utiles et multi-missions. Dévoilé le 11 octobre à la Cité de l'espace, le projet bénéficie d'un financement de l'Etat de 5,5 M€, au titre du Programme d'investissements d'avenir (PIA). Jusque-là, l'entreprise de 250 personnes avait principalement planché sur des plateformes « sur mesure », notamment pour les 25 nanosatellites IoT de la constellation Kinéis qui doivent être mis en orbite en 2023. Désormais, elle entend proposer un modèle plus « générique et modulable » avec cette plateforme baptisée HP-EO, qui servira des applications civiles, militaires et scientifiques. « C'est ce dont a besoin le marché, assure à La Lettre M Nicolas Multan, DG. L'objectif est de pouvoir accueillir tous types de charges utiles. » Un passeport pour l'export pour la société toulousaine, qui cible en priorité l'Asie, l'Afrique du Nord et les Émirats arabes unis. « Au-delà de la plateforme, nous souhaitons accompagner les pays dans le montage de petites infrastructures locales d'intégration de satellites », précise le dirigeant. Hemeria vise 50 M€ de CA en 2021-2022, contre 45 M€ en 2020-2021.
Des croissances externes en vue
Le lancement du programme HP-EOS est l'occasion pour Caroline Laurent, directrice des systèmes orbitaux au Cnes, de vanter les succès déjà enregistrés par Hemeria, une société qui « occupe aujourd’hui une place de choix dans la dynamique NewSpace française et européenne ». De son côté, Grégory Pradels, directeur des ventes, stratégie et marketing d'Hemeria, estime que cette nouvelle solution répond « au besoin de nos partenaires institutionnels en termes de performance, mais également de nos clients commerciaux, qui souhaitent offrir un service de qualité opérationnelle ». Positionnée à la fois sur les marchés du spatial et de la défense, la société – née en 2019 de la volonté du groupe Nexeya de se recentrer sur ses activités spatiales – entend multiplier les opérations de croissance externe. « Nous regardons des dossiers dans les deux secteurs d'activités, confie Nicolas Multan. Nous avons par ailleurs la volonté d'investir de façon minoritaire dans des start-up innovantes, qui sont autant de futurs clients pour nous. » Des cibles « plutôt françaises ou bénéficiant d'une implantation en France ». Dans le cadre de sa croissance, Hemeria ouvre actuellement une vingtaine de postes au recrutement. « Nous avons la chance de bénéficier d'une bonne attractivité, mais il est vrai que le marché de l'emploi est actuellement tendu dans notre secteur », confie le dirigeant.
