Lors d’une conférence de presse consacrée, ce matin, à la présentation de ses adjoints, le nouveau maire de Montpellier, Philippe Saurel, a annoncé son intention de « réétudier le PLH de l’Agglomération », afin de construire moins de logements sociaux dans la ville-centre. Qualifiant de « stalinisation de la ville » la politique de son prédécesseur à l’agglo, Jean-Pierre Moure, il a affirmé qu’il n’avait « pas envie que Montpellier ressemble à Sarcelles », et qu’il refusait de favoriser la construction de « 60 % de logement social ou aidé par la ville de Montpellier pour rattraper le delta qui ne se fait pas à l’agglomération ».
25 % de logements sociaux, pas plus
« Je veux respecter la loi Duflot, a assuré l’élu : 25 % de logement social dans les villes. Nous sommes à 22 %. Montpellier rattrapera les 3 % qu’elle a à rattraper. Par contre, il faut que les villes (de l’agglomération, NDLR) qui n’ont pas leur taux de logement social acceptent de faire du logement social. Et elles ne feront jamais de logement social si la Ville de Montpellier n’est pas capable de leur céder les fonctions vitales qui appartiennent à la ville ». Afin de les inciter à « construire des quartiers mixtes », il faut, selon Philippe Saurel, « que Montpellier soit capable de leur céder un grand stade, un grand équipement culturel, une antenne universitaire. C’est comme ça qu’on aménage le territoire de façon équilibrée. Ce n’est pas tout pour moi et rien pour les autres. »
Mesures sur l’urbanisme
« Je vais également faire modifier des mesures sur l’urbanisme, a expliqué le maire, ancien adjoint à l’urbanisme d’Hélène Mandroux. « Par exemple, vouloir injecter 20 % de logement social dans le diffus sur les programmes de 1 500 m2 de Shon, c’est honnête pour les promoteurs et les constructeurs. Vouloir en faire 20 % sur les programmes en diminuant le plafond de 1 500 à 850 m2, c’est infaisable. Et donc les promoteurs refusent, reculent devant l’obstacle, et les dents creuses restent. C’est là où on touche le dogmatisme politique. Moi je suis pragmatique, pas dogmatique, et je suis contre la pensée unique. Donc pour qu’un programme immobilier se fasse sur le diffus par des promoteurs privés, qui acceptent de faire un pourcentage de logement social, il faut qu’eux aussi s’y retrouvent, sinon ils ne le feront pas. Et la ville reste en déshérence ».