Montpellier Métropole : organiser la logistique urbaine pour maintenir l’activité en centre-ville
En marge de la convention cadre sur l’agro-écologie et du schéma directeur logistique, la Métropole de Montpellier organise le 13/3 une rencontre professionnelle pour répondre aux enjeux de la logistique urbaine durable, en présence d’une centaine d’acteurs du secteur. « Les villes sont des espaces de consommation et donc de livraison », constate Jérôme Libeskind de l’Aslog. « Les problèmes logistiques ne concernent pas que Montpellier. Beaucoup de communes se sont étendues et connaissent des difficultés », complète Chantal Marion, vice-présidente de la Métropole de Montpellier. « Cela devient compliqué de livrer les centres urbains. Les plages horaires d’accès sont limitées alors que les restaurants n’ouvrent qu’à partir de 10h. C’est surtout la débrouille… On passe par les voies du tramway à cause des bornes, c’est une prise de risque liée à la pression des fournisseurs en produits frais notamment », indique Laurent Testaud, directeur de Mat Power (Assas, 34) spécialiste du transport sous température dirigée.
Véhicules électriques
À travers ce colloque, l’élue de la Métropole souhaite apporter des réponses en favorisant des passerelles entre les secteurs - transport/logistique, industrie automobile, numérique, agro-alimentaire, commerce et artisanat - pour faciliter la livraison dans les centres-villes et générer les flux économiques qui contribuent autant à l’attractivité commerciale et à la qualité de vie sur cette zone. Un double enjeu qui appelle « des partis pris forts adaptés à chaque territoire », témoigne Olivier Lauro, directeur du MIN de Montpellier (marché d’intérêt national), qui offre une solution de massification à proximité du centre-ville. Il est convaincu que « les bonnes pratiques d’une filière peuvent être adaptées sur d’autres filières ». Il faut prendre en compte les évolutions du commerce de proximité (e-commerce, cross-canal, nouveaux formats de magasins,…), des services de livraison (livraisons une à deux fois par jour, en H plus, à domicile, en consigne automatique,…) et des moyens de transport durables ( vélo taxi, colis bus, transport multimodal, transport en commun,…). « On livre de plus en plus atomisé et les commandes sont plus petites et plus fréquentes. Les services se ré-inventent », commente Jérôme Libeskind. Le e-commerce devrait passer de 10 à 25 % du marché en 2020-2022. Les industriels sont prêts. « Nous sommes fabricants de véhicules électriques utilitaires d’une capacité de charge de 900 kg (8 m3) pour une autonomie de 152 km grâce à nos batterie de 12 kw », indique Olivier Civil, directeur commercial et marketing de Colibus (Auch, groupe Univer VE, Paris). Ce secteur est en croissance de 10 % avec 5.500 véhicules vendus en 2016. » Le bureau d’études de Colibus développe un véhicule électrique frigorifique (autonomie de 120 km, 500 kg, 5 m3).
Le trop-plein de technologies peut être source de stress
« Dans le centre, nous avons besoin de mini plateforme pour livrer. Des partenariats peuvent être tissés avec des parkings de centres commerciaux ou des hôtels qui pourraient se transformer en zone logistique, projette Jean-Pierre Girard, président de Translog. Il faut travailler plus intelligemment en développant des applications permettant d’enchaîner l’envoi de sms pour indiquer l’arrivée du livreur et nous faire gagner du temps. » La région Occitanie compte nombre d’entreprises en capacité de répondre à cette demande : géolocalisation, suivi de température et de consommation de carburants, parkings et vélos connectés... « La technologie est là, on n’a plus de limite. Il faut créer un écosystème, cartographier les compétences », répond Emmanuel Mouton, vice-président du cluster Automotech. Une nuance : « La généralisation des outils digitaux crée du stress supplémentaire chez les chauffeurs. Ce qu'ils aiment, c'est la liberté. Ils sont soumis à une pression permanente. Les applications génèrent une perte d’autonomie des chauffeurs. Certes, nous gagnons en productivité, mais il ne faudrait pas enfermer les chauffeurs dans un carcan, au risque de ne plus trouver de chauffeurs sur le marché ! »










