Le programme du candidat UMP à la mairie de Montpellier, Jacques Domergue, a un point commun avec celui de son adversaire socialiste, Jean-Pierre Moure : tous deux veulent créer une agence de développement économique. Pour le reste, le cancérologue, entouré par des représentants du monde de l’entreprise -Jean-Pierre Troisville, ancien directeur régional de la Société générale, Gérard Lannelongue, ancien président régional du Medef et DG de la Compagnie de formation, et Véronique Demon, directrice de l’Ametra, la médecine du travail-, a décliné ce matin ses propres propositions pour « améliorer l’attractivité de Montpellier » en utilisant quatre leviers : baisser la fiscalité, « mettre à niveau des infrastructures », « donner aux entrepreneurs des outils pour se développer », et « faire de Montpellier un pôle de référence mondial dans le domaine de la santé ».
Moins d’impôts
S’il ne chiffre pas précisément son programme, Jacques Domergue annonce les recettes dans lesquelles il va tailler : il promet de réduire la fiscalité locale pour les entreprises, en faisant passer la CFE de 36,58 % à 32,4 % d’ici à 2020, et pour les ménages, avec des baisses de 2,57 points sur la part communale de la taxe d’habitation, 2 points sur la part Agglo, et de 3,56 points de la taxe sur le foncier bâti. Pour « rendre 117 M€ de pouvoir d’achat aux ménages, et 31,5 M€ aux entreprises d’ici à 2020 », Jacques Domergue indique les moyens de dépenser moins : tailler dans les « dépenses non productives », comme « la communication » ou « le train de vie des élus », « mutualiser les moyens » entre la Ville et l’Agglo (« dans les finances, les RH, la communication, le juridique »), encore « mettre en œuvre une politique rigoureuse de dépense publique ».
Un aéroport international
Concernant les infrastructures, le candidat UMP n’y va pas par quatre chemins : « il faut développer un aéroport Sud de France de dimension internationale à Montpellier », quitte à déshabiller les aéroports de Béziers et Nîmes pour « mettre tous les moyens à Montpellier et en faire un aéroport pour tout le nord de la région ». Un aéroport qui sera relié à la gare TGV et au centre-ville par le téléphérique urbain cher à la CCI. Autre priorités, selon lui : « relier Montpellier à l’Espagne par la grande vitesse ferroviaire », « améliorer les liaisons routières et autoroutières de l’agglomération », et « faire du port de Sète un débouché portuaire de l’Europe du Sud ». Un port qui devrait être inclus dans la future Métropole, qui doit élargir ses frontières, selon lui, jusqu’au Pays de l’Or et au Pic Saint-Loup.
Miser sur la santé
Comme Jean-Pierre Moure, Jacques Domergue veut créer une agence de développement économique, et développer les pépinières d’entreprises. Il veut aussi « démarcher les entreprises pour qu’elles installent leur siège à Montpellier », « privilégier les entreprises locales dans les appels d’offres ». Et surtout « faire de Montpellier un pôle de référence mondial dans le domaine de la santé », « comme Toulouse l’a fait pour l’aéronautique ». Pour mettre en œuvre ce programme, le directeur de l’ICM Val d’Aurelle sait qu’il ne peut compter que sur une division de la gauche, forte à Montpellier. Et sur un ralliement, pour l’instant hypothétique, du dissident socialiste Philippe Saurel…
Photo (HF) : Jacques Domergue (à droite), avec ses colistiers Jean-Pierre Troisville et Gérard Lannelongue.