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Industrie
| 20/09/2011

Moncigale et Belvédère placés en redressement judiciaire

Le groupe alcoolier Belvédère (Marie Brizard, Sobieski, William Peel), et sa sous-filiale Moncigale (Beaucaire, 262 emplois, 130 M€ de CA) sont placés mardi 20 septembre en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nîmes. Lors de l'audience du vendredi 16, les dirigeants du groupe, Krzysztof Trylinski, le directeur général délégué en tête, avaient plaidé pour un placement sous plan de continuation, une procédure qui aurait permis à l'entreprise de se mettre à l'abri de ses créanciers.
 À l'origine, le groupe Belvédère siégeait à Beaune (Côte d'Or). Le 3 septembre dernier, les dirigeants de l'entreprise ont décidé de déménager leur siège social à Beaucaire (Gard) où se trouvent les vins Moncigale, une filiale de Marie Brizard, placée sous procédure de sauvegarde depuis le mois de juin. Selon le tribunal de commerce, les deux procédures ont été jointes, Me Olivier Fabre (Montpellier) reste administrateur judiciaire, et l'activité du groupe peut se poursuivre.
« Moindre mal »
Selon nos informations, les termes du jugement n'auraient pas encore été transmis aux parties. Toutefois, lors de l'audience du 16 septembre, le dessaisissement des dirigeants n'a pas été évoqué. L'administrateur judiciaire devrait donc avoir une mission d'assistance. « Ce redressement judiciaire est un moindre mal, concède David Veyer, représentant du personnel CFDT de Moncigale. On ne connaît pas encore les missions de l'administrateur judiciaire, mais on espère qu'il va prendre les bonnes décisions pour aider l'entreprise à se redresser. » Un comité d'entreprise doit se tenir en présence du personnel et de l'administrateur judiciaire, mardi 20 à 17 heures.
André Soulier, avocat du plus gros créancier de Belvédère (175 M€ sur environ 500 M€), adopte la même position que les syndicats de Moncigale qui dénoncent une manipulation : « C'est la première étape vers la liquidation. C'est une catastrophe. On creuse un grand trou noir qui va permettre aux liquidateurs de faire leur beurre. Nous somme prêts à aider Moncigale à se restructurer, à trouver un repreneur, si toutefois les dossiers Belvédère et Moncigale sont dissociés (le tribunal devrait rendre une décision le 13 octobre sur ce point, NDLR). C'est une première : les créanciers et les personnels ont des intérêts communs. »
Réaction de Belvédère

Dans un communiqué publié sur son site Internet, le groupe Belvédère indique que « cette modification de procédure ne change en rien le cours de la période d'observation de ces sociétés, confirme si besoin était la mise sous protection de la Justice du Groupe Belvédère et doit permettre aux dirigeants de présenter un plan de redressement assurant la pérennité du Groupe à ses salariés et donnant satisfaction à ses créanciers ».
Réaction de Jacques Bourbousson, maire de Beaucaire, membre du CA de Belvédère, et viticulteur : « Le redressement me convient. Mieux ça aujourd'hui que la liquidation. Ca va permettre de se mettre autour de la table et de négocier avec les financiers. On va arrêter cette guerre financière qui avait lieu. Belvédère, c'est 300 emplois (262 exactement, NDLR) et 12 000 dans la viticulture gardoise. J'ai bon espoir que Belvédère rembourse ses créanciers et perdure. »
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