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Industrie
| 2/02/2021

Merlin Gérin (Schneider Electric) veut délocaliser une partie de son activité

Les salariés de l’usine Merlin Gérin (269 salariés en CDI et 40 intérimaires, Alès), entité du groupe Schneider Electric qui fabrique du matériel électrique dont des disjoncteurs modulaires, s’inquiètent pour leurs emplois. Courant 2021, le site devrait voir son volume d'activité baisser de 40 000 heures, soit l'équivalent de 26 emplois, celles-ci devant être transférées vers un sous-traitant de Merlin Gérin au Maroc et vers deux filiales de Schneider Electric en Hongrie et en Bulgarie, indique Pierre Mounier, délégué syndical CGT, à La Lettre M.

Les activités manuelles ciblées en priorité
Et la baisse du volume d'heures pourrait même s'accroître d'ici à 2023. « La projection de l’activité est à la baisse et le scénario le moins catastrophique annonce une baisse de 104 000 heures (68 équivalents temps plein) par rapport à ce qui a été réalisé en 2019. Le scénario le plus alarmiste, quant à lui, annonce 138 000 heures de moins (90 équivalents temps plein) », indiquent les délégués syndicaux CGT et CFDT. En première ligne, les intérimaires. Les activités les plus manuelles sont également ciblées en priorité par ce transfert. En parallèle, la direction de Schneider Electric assure prévoir « des recrutements en CDI sur des profils techniques et un renforcement des compétences fondamentales et digitales », indique-t-on en interne. Autres objectifs affichés par le groupe pour son site alésien : « réaliser des investissements industriels (dont le montant n’est pas précisé, NDLR) et améliorer la compétitivité du site sur les plans opérationnel, de la sécurité, de la qualité et de la productivité. » Le groupe souhaite aussi concentrer l’activité de l’usine alésienne sur ses cœurs de métier : la production de disjoncteurs modulaires pour le marché européen sur machines automatisées, la fabrication de sous-ensembles pour des produits de basse tension sur machines automatiques multi-technologie et une mission de support industriel pour d’autres entités du groupe Schneider dans le monde, toujours pour les disjoncteurs modulaires.

Vers une fermeture totale ?
Ce plan pourrait se traduire par un non-renouvellement des départs naturels, « la pyramide des âges au sein des salariés est assez ramassée vers le haut… », précise Pierre Mounier. 69 salariés ont en effet plus de 56 ans et « d'ici 2031, 50% des salariés présents seront potentiellement partis en retraite », soulignent les délégués syndicaux. Craignant un ralentissement progressif menant jusqu'à une fermeture définitive du site, les salariés ont organisé un mouvement de grève le 19 janvier. « Nous sommes passés de 600 salariés dans les années 2000 à 269 actuellement, rappelle Pierre Mounier. Nous craignons de connaître le même sort que nos voisins chez Crouzet Automatismes (l’usine fermera d’ici à 2022, NDLR). »

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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