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| 22/06/2016

Medef : Pierre Gattaz appelle à des réformes structurelles à La Grande-Motte

Pierre Gattaz, président du Medef, s’est rendu mercredi à La Grande-Motte, dans le cadre de l’assemblée générale du Medef Montpellier (président : Eric Chaveroche), dans un palais des congrès cerné par des dizaines de policiers et une poignée de manifestants opposés à la loi travail El Khomri.

« Je ne suis jamais venu dans ce département. L’Hérault compte essentiellement des TPE-PME de 15 à 20 salariés. C’est un tissu économique intéressant, avec beaucoup de services, d’artisans, de commerçants, de tourisme, et beaucoup de jeunes. Je viens pour prendre le pouls, comprendre les difficultés de ces entreprises. Le Medef est assimilé au Cac 40, mais c’est faux. L’immense majorité de nos 746.000 adhérents sont de petits employeurs, et c’est eux que je représente. »

Pierre Gattaz a présenté son livre ‘’Le Monde change et la France ? 7 idées pour gagner en 2020’’, rédigé pour tenter d’inspirer les programmes des candidats à l’élection présidentielle de 2017. Un programme d’actions précis sera présenté en décembre. « Les Français sont malheureux, pessimistes, minés par trois craintes : chômage élevé, insécurité, manque d’espoir. Ça donne des votes extrémistes. Pourtant, quand je me déplace dans le monde entier, je vois des Africains et des Chinois qui admirent la France, pour son art, sa culture, sa philosophie, son histoire. Mais ils me disent : ‘on ne vous voit plus. Où sont vos entreprises ? On voit des Chinois, des Allemands, des Japonais des Espagnols…, mais pas d’entreprises françaises !’ »
Pierre Gattaz a soulevé le problème, selon lui, « de réformabilité de la France. On est un immense pays, avec des atouts faramineux. On est une Formule 1, sauf qu’on a les deux pieds sur le frein et que le moteur est un peu grippé. Le monde nous attend. Toutes les filières d’avenir sont sur notre sol : santé, industrie 4.0, services à la personne, numérique… »

« Les petites sociétés disent souvent la même chose : coût du travail trop élevé, compliqué d’embaucher et de licencier, peur des prud’hommes (certains y ont laissé leur boîte), trop de bureaucratie. Il faut simplifier tout ça, il faut écouter les patrons, qui sont les héros des temps modernes, car ils ont eu le courage de se lancer, ils jouent leur vie tous les jours. Si on déverrouille leur crainte et leur peur, c’est gagné. On reviendra à 5 % de chômage de façon certaine. »

Le patron des patrons prône des réformes « simples. Le pacte de responsabilité a fonctionné, car il est simple. De même que la prime à l’embauche de 2 000 euros : les dirigeants comprennent la mesure. Le plafonnement des prud'hommes était aussi une mesure très simple, répondant à une vraie crainte des entrepreneurs ».

Parmi les motif d’espoir et de satisfaction : « 55 % de jeunes veulent devenir des entrepreneurs. Il y a 10 ans, vous n’auriez pas eu ce chiffre. La forte crédibilité des entreprises auprès de la population, devant la justice, l’armée et la police, et très loin devant les politiques et les médias. Les gens sentent que c’est l’entreprise qui pourra transformer le pays et répondre aux mutations du monde. »
En matière de climat des affaires, Pierre Gattaz confirme le « frémissement » annoncé par le gouvernement et les prévisions de l’Insee. « Je vois des sourires. Mais il reste des blocages du fait des grèves, et les récentes inondations ont meurtri beaucoup d’entreprises dans la région de Nemours notamment. Enfin, les deux tiers de la croissance prévue proviennent de causes extérieures et éphémères - taux d’intérêt et pétrole bas. On vit sous perfusion, et les réformes de structure restent à faire. »

Répondant aux manifestants, audibles depuis l'auditorium du palais des congrès, Pierre Gattaz a déclaré : « Le droit à manifester, je suis pour. Mais les slogans de haine, d’intimidation, non. Je suis très en colère. Les vrais enjeux sont la révolution numérique, le réveil de l’Afrique, ou encore les déportés climatiques, qui vont venir par dizaines de millions en Europe dans les décennies à venir. Alors, se castagner (sic) sur du droit social juridique et technique, c’est stupide, et ça donne une image dramatique à l’étranger. Il faut se projeter dans l’avenir, sinon on fera des bouts de réforme dans la douleur et le monde va avancer sur nous. Avec un taux de chômage à 10 %, les chômeurs ne peuvent pas rentrer dans le marché du travail, et les salariés n’osent pas en sortir. » ​

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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