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Biotechs - Santé
| 6/04/2016

Médecine du travail : les entreprises attendent conseils et expertises

L’AIPALS organise le 5/4 à son centre de Castries, un colloque pour sensibiliser les entreprises, les syndicats et les professionnels de la santé au travail sur les nécessaires mutations de la médecine du travail pour répondre aux enjeux de demain. « La médecine du travail peut tout autant être un partenaire qu’une contrainte, eu égard à la lourdeur règlementaire, souligne Brigitte Philippe DRH au sein de la société Kawneer (Vendargues, 270 salariés). L’entreprise a une obligation de résultat en matière de santé au travail et va aussi chercher à préserver ses intérêts. J’attends de la médecine du travail du conseil et de l’expertise. Je suis DRH, pas professionnelle de la santé. » Pour accompagner les TPE/PME à évaluer les risques et notamment appréhender les risques psycho-sociaux (RPS), un axe majeur du plan santé de l’État, un guide en cours de finalisation, réalisé en interaction avec des entreprises, a été présenté lors de ce colloque. Le secteur de la santé au travail doit relever de nombreux enjeux : une nouvelle territorialité régionale portant à 31 le nombre de services de santé au travail en LRMP, la réforme de la loi El Khomri (visite médicale réalisée par une infirmière, l’équipe pluridisciplinaire,…), une insuffisance de la ressource médicale, « 400 médecins du travail partent en retraite en 2016 en France et 2 000 d’ici à 2020 », précise Martial Brun, directeur du CISME et auteur d’un rapport sur l’avenir de la santé au travail. Toutefois, deux jeunes internes sont venus témoigner de l’intérêt de préserver cette spécialité, appuyés par le Dr François Lesage, maître de conférences et responsable de la chaire médecine du travail à Montpellier pour qui « la médecine du travail de demain doit trouver des solutions innovantes comme les plateformes internet de self helping… Les acteurs doivent aussi changer de paradigme et de culture. »

« Notre système change beaucoup et rapidement, et il y a des points de blocage. Notre rôle est de les lever en proposant la pluridisciplinarité », complète Pierre-François Canet, président de l’AIPALS. Même si des contrats pluriannuels d’objectifs améliorent le pilotage en ex-LR, la Direccte, la Carsat et l’AIPALS doivent accentuer leur travail en commun. « Il n’y a pas cette même logique en ex-Midi-Pyrénées », explique Alexis Guilhot, ingénieur conseil à la Carsat qui appelle à « plus de communication et d’information autour des projets de santé au travail, à passer à un système collectif de santé au service des salariés et des entreprises, un service pluri-disciplinaire,… » Pour Diane Laruel, directrice de l’AIPALS, « travailler en mode projet demande du temps mais la loi El Khomri peut nous aider à être force de propositions dans la culture de la prévention. »

 

 

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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