Mathieu Massot (Groupe FDI) : « En 2025, nous visons la production de 1 000 logements neufs »
À la tête du groupe immobilier montpelliérain FDI, Mathieu Massot évoque pour La Lettre M ses objectifs et ses projets dans un contexte à l’heure où le secteur traverse une crise sans précédent. Entretien.
Quel bilan tirez-vous de l’exercice 2024 ?
Nous avons résisté ! Dans un contexte très compliqué, nous sommes restés performants grâce à la persévérance des 240 femmes et hommes évoluant au sein du groupe. Nous avons pu maintenir nos équilibres économiques et nos résultats financiers dans nos différents segments, sans céder ni arrêter d’activité. Cela ne s’est pas fait tout seul. Nous avons agi et pris des décisions traduites dans un plan d’actions précis. J’ai d’ailleurs été reconduit pour un nouveau mandat de trois ans au poste de directeur général du groupe. Plus concrètement, nous avons senti en 2024 un rebond de nos activités en maîtrise d’ouvrage. La production a atteint 700 logements, dont 300 logements sociaux réalisés via notre filiale FDI Habitat. Nous sommes allés au-delà de notre objectif fixé à 550 logements. Le rythme s’est accéléré au dernier trimestre avec une commercialisation portée majoritairement par les ventes en bloc. Notre chiffre d’affaires 2024 tutoie les 160 M€.
Concernant 2025, quelles sont vos perspectives ?
Après un exercice 2024 placé sous le signe de la consolidation, je vise d’abord la stabilisation de l’activité et le maintien d’une situation financière saine. Nous visons une production de l’ordre de 1 000 logements neufs dans notre périmètre d’intervention : deux tiers dans l’Hérault et un tiers en zone Méditerranée. Nous devrions ainsi porter davantage de projets dans le territoire marseillais. De la même manière, nous devrions produire davantage d’unités d’hébergement et de logements abordables, soit six opérations, que de logements sociaux. Les ventes en bloc devraient également permettre de maintenir notre niveau d’activité. Si tout se passe bien, je vise un niveau de chiffre d’affaires légèrement supérieur à celui de 2024. Pour ne citer que quelques opérations significatives, nous lançons cette année une résidence étudiante de 324 logements en co-promotion avec Les Villages d’Or située dans la Zac République à Montpellier. Nous contribuons aussi à la reconstruction de la ville sur la ville avec un programme de 52 logements réalisé avec Helenis dans l’ancien site montpelliérain de Schneider…
Où en êtes-vous au niveau de la production de logement en bail réel solidaire ?
Le groupe a en effet son propre organisme foncier solidaire (OFS), et il est membre de celui de la métropole de Montpellier, à travers FDI Habitat. Le développement de ce type de produit va s’accélérer, avec plus de 300 logements engagés sur 2024-2025.
FDI propose des services immobiliers, une activité moins connue du groupe. Qu’en est-il ?
À l’image de la promotion résidentielle et de la production de logements sociaux, cette activité a fait l’objet d’une rationalisation en vue d’absorber la crise du secteur.Ces activités se répartissent entre les transactions (22 %), la gestion (33 %) et le syndic (45 %). 80 % concernent l’habitat et 20 % les opérations tertiaires qui tirent le développement des services immobiliers. En 2024, les transactions ont baissé, tandis que les activités de gestion et de syndics ont progresser en termes de chiffre d’affaires. Nos équipes gèrent 270 syndics d’habitation, soit 18 000 lots, ainsi que 3 000 lots répartis en 46 ensembles immobiliers à vocation tertiaire. Côté gestion, notre portefeuille s’élève à 3 700 lots résidentiels et 350 lots tertiaires. Au total, notre équipe de 90 collaborateurs gère environ 4 000 lots en gestion et plus de 20 000 lots en syndic.
FDI fait partie du réseau Procivis qui vient de publier l’édition 2024 de son “Baromètre habitat“. Quelle est la situation en Occitanie ?
Cette étude* analyse les perceptions, aspirations et attentes des habitants de la région concernant leur logement et leur cadre de vie. Premier constat, l’incertitude dans l’avenir est réelle. Près de 64 % des répondants craignent une dégradation de leur niveau de vie au cours des six prochains mois. Pour 49 %, le moment n’est pas propice pour l’achat d’un bien immobilier. Seules 28 % des personnes interrogées estiment que le contexte est favorable pour vendre. Cette perception reflète les tensions économiques et les incertitudes liées à l’évolution des prix. Pourtant, 35 % aimeraient changer de logement dans les mois à venir. Les plus jeunes, 18-34 ans, se tournent vers les zones rurales et les petites villes. La propriété reste un objectif important ou prioritaire pour 57 % des répondants, malgré les obstacles financiers persistants. Le budget moyen consacré mensuellement au logement est estimé à 605 € dans la région, contre 668 € au national, et 80 % d’entre eux se déclarent satisfaits de leur environnement, valorisant notamment la proximité de commerce et de services.
Quelles sont les attentes révélées par cette étude ?
On y retrouve les critères d’achats, à savoir le prix, la localisation, la présence d’un espace extérieur (terrasse ou jardin). On perçoit un intérêt en hausse pour les logements écoresponsables. 74 % des personnes interrogées accepteraient un surcoût pour un logement énergétiquement performant, mais limité à 5 % du prix. 67 % se disent également prêts à payer plus cher pour des maison passives. Les dispositifs d’aides sont connus - prêt à taux zéro, MaPrimRenov’ - mais les conditions d’éligibilité sont floues. Des mesures pour encadrer les loyers et augmenter l’offre de logements accessibles et écoresponsables sont attendues. À ce titre, la transformation en logements de bâtis existants - bureaux ou zones commerciales - est bien perçue par une majorité. De fait, les politiques publiques ont un rôle central à jouer pour favoriser l’accession à la propriété, en encadrant les coûts et en promouvant des solutions respectueuses de l’environnement.
En conclusion, avez-vous des projets particuliers en 2025 ?
Notre ambition est de garder le cap en développant de nouveaux produits. Face aux enjeux de rareté foncière, nous sommes attentifs aux enjeux liés à la réhabilitation et à la rénovation... Au sein du groupe, les équipes opérationnelles de production travaillent sur les méthodes, les produits et les process. Une direction de l’innovation viendra certainement structurer cette démarche et irriguer les différentes activités du groupe. Aujourd’hui, nous avons besoin de transversalité. À titre d’exemple, nous intégrons l’intelligence artificielle dans une partie de nos métiers et commençons à former nos collaborateurs à cet outil. Nous réfléchissons également à activer d’autres leviers de croissance, comme la création d’une structure destinée à favoriser les synergies entre les métiers existants et de nouveaux métiers transversaux, comme la production et la gestion de l’énergie.
*étude réalisée par Toluna, Harris Interactive et Procivis du 21 août au 2 septembre 2024 auprès d’un échantillon représentatif de 899 personnes.











