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Haute-Garonne
| | 9/01/2017

Ludovic Le Moan (Sigfox) : "Ce que j'ai vu au CES, ce n'est pas l'internet des objets..."

La société Sigfox (CA 2015 : 16,4 M€, 310 salariés, siège à Labège - 31), fournisseur d’une solution de communication mondiale dédiée à l’internet des objets (IoT) qui a l'an dernier une levée de fonds record de 150 M€, intégrant notamment Total et Salesforce à son capital, est présente sur le CES de Las Vegas. Pas sur un stand mais dans deux des salles de réunions qu'abrite l'hôtel Venetian, où se tient une partie du plus grand salon mondial dédié aux objets connectés.

Quel est l'intérêt pour une société comme Sigfox d'être présente dans un salon comme celui-ci ?

D'une part, il y a beaucoup de journalistes qui viennent pour cet événement (plus de 6000, NDLR). C'est un premier point. Côté client, nous ne sommes pas BtoC mais BtoB. On arrive donc à organiser des rendez-vous toutes les heures pendant 2 jours. Ce qui est rigolo, c'est que c'est parfois avec des boîtes françaises qui viennent toutes ici. C'est à la fois bien, parce que ça montre un dynamisme mais c'est aussi dommage parce qu'on aurait aussi pu se voir à Paris ou ailleurs. Mais ça montre un climat propice à la connexion d'objets. C'est donc très positif.

Que pensez-vous de ce que vous avez vu sur ce CES ?
Ce que j'ai vu ici, ce n'est pas l'internet des objets... C'est un vrai piège. Je n'ai pas fait de tour exhaustif mais j'ai vu beaucoup de gadgets qui n'auront pas un usage sur le long terme. Je ne pense pas que le marché soit encore sur la brosse à cheveu connectée... Mais peut-être que je me trompe. Pour moi, le marché de l'IoT se situe plus dans la voiture, la machine à laver, les systèmes énergétiques.

Où se situe selon vous l'avenir de ce marché ?
L'Intelligence artificielle va transformer énormément de business et la connexion d'objets va permettre de faire des transitions sociales et des transitions de services car les machines vont être capables de se diagnostiquer seules et d'envoyer un message de risque avant la panne. Il y a plein de services à inventer qu'on ne connaît pas encore.

Quelle part la France doit-elle prendre dans ce marché ?
Il faut éviter de tomber dans les lieux communs et penser que tout ce que touche un Américain, il le transforme en or. L'Europe a sa part à prendre. Il faut être pragmatique. On est très techniciens. On aime bien le détail et pour moi l'enjeu de marché qui est devant nous est adapté à notre état d'esprit. Il faut être acteur de cette transition.

Guillaume Mollaret, envoyé spécial à Las Vegas /redaction.toulouse@lalettrem.net
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