L’Occitanie construit sa filière légumineuses
Lancé en 2017, le projet Fileg, qui vise à doter l’Occitanie d’une filière légumineuses (soja, pois protéagineux, féverole, lupin, lentille, pois chiche…) d'ici à 2030, démarre une nouvelle étape. Après l’étude de faisabilité menée pendant plus de deux ans, le projet entre dans sa phase de structuration. Objectif : définir une gouvernance et mettre en place des actions concrètes (construction de réseaux, formation des agriculteurs…) pour faciliter le développement d’une filière créatrice de valeur. Concrètement, l’objectif est d’augmenter la part de la surface agricole de grandes cultures cultivées en légumineuses, en passant de 8 % aujourd’hui à 20 % en 2030.
« Sur le million d’hectares de grandes cultures en Occitanie, nous souhaitons que 200 000 soient consacrés aux protéines végétales », explique à La Lettre M Christophe Vogrincic de l’institut technique Terres Inovia, coordonnateur du projet Fileg. Seize organisations (chambre régionale d’agriculture, Coopérative agricole Occitanie, Inra, Aria, représentants du négoce, Région Occitanie, Agence de l’eau Adour Garonne, Draaf…) ont signé une charte d’engagement mi-octobre, et 41 structures individuelles (coopératives, transformateurs, distributeurs…) se sont déjà engagées dans le projet. Celui-ci, financé à 80 % par des fonds publics, représente un investissement de 220 000 €.
Réduire la dépendance aux importations
Ces légumineuses seront destinées à l’alimentation animale et humaine. L’objectif est de diminuer la dépendance de la région aux importations. « Aujourd’hui, 80 % des légumineuses pour l’alimentation humaine proviennent de l’import », indique Christophe Vogrincic. Vincent Labarthe, vice-président de la Région souhaite que le projet Fileg permette d’ « atteindre d’ici 2040 l’autonomie protéinique sur le territoire, [et de] ne plus importer de soja OGM (destiné à l’alimentation animale, produit majoritairement au Brésil, NDLR) à l’horizon 2030 ».
« Dans les mois à venir, nous allons travailler à la fluidification des échanges entre producteurs et acteurs de l’aval - restauration collective, GMS, industriels…- en recherche de fournisseurs. Nous allons également proposer des solutions - visites au champs, webinaires… - pour former les producteurs et conseillers techniques, et les faire gagner ainsi en compétence. Nous souhaitons aussi établir un cadre de référence pour les contrats de production » précise Christophe Vogrincic. Car pour assurer une bonne valorisation des cultures, la contractualisation d’hectares semble être la solution privilégiée. « L’objectif n’est pas de produire pour produire mais de produire pour un marché donné, dont les débouchés seront assurés », indique le coordonnateur du projet.
Légumineuses Sud de France?
À terme, le but est de valoriser les légumineuses produites en Occitanie sous un label régional. « Peut-être la marque régionale Sud de France ? » s’interroge Christophe Vogrincic qui espère voir les premiers produits commercialisés « d’ici 4 à 5 ans ». L’Occitanie, « qui possède une diversité de territoires et de situations pédo-climatiques favorables à la culture de légumineuses », a des opportunités à saisir. Le projet Fileg ambitionne donc de construire « une filière légumineuses à graines territorialisée, structurée et durable, créatrice de valeur ajoutée répartie équitablement entre tous les acteurs de la filière - producteurs, collecteurs, transformateurs, distributeurs…- », insiste Christophe Vogrincic, rappelant que « le projet est né de trois constats : l’augmentation de la demande en protéines végétales, que ce soit pour l’alimentation animale ou humaine ; les caractéristiques très intéressantes de la culture de protéines végétales en matière d’agroécologie ; et l’évolution des attentes des consommateurs, vers plus de qualité et de local ».










