Fil infos

Languedoc-Roussillon
|
Conjoncture
| 13/02/2013

L’innovation, seule note d’espoir pour l'économie régionale, selon Nicolas Bouzou

Pour l'économiste Nicolas Bouzou, l’innovation doit permettre à l’économie française, et régionale, de reprendre de l’allant. Une note d'optimisme pour tempérer les conclusions, plus sombres, de la 5e édition de l’Ecozoom de l’Ordre des experts comptables, présenté hier soir au Domaine de Verchant et réalisé par le cabinet Astérès, dont il est directeur. Mais la position du Languedoc-Roussillon, peu industrialisée et fortement porteuse d’innovation, permet selon lui de garder une lueur d’espoir : « L’économie est en train de repartir par les entreprises. Nous sommes à l’aube d’une vague d’innovation sans précédent, et l’environnement international sera très porteur. 2013 est une année de transition. J’emploie le mot de mutation pour parler de ce que nous vivons, c’est plus positif. »
Une situation plus difficile en L.-R.
En attendant que cette vague d’innovation déferle, la région L.-R. connaît une situation difficile, davantage que la moyenne française. Une nouveauté : « La croissance de la région ne surpasse plus la croissance française, note Nicolas Bouzou. C’est lié entre autre au secteur du BTP, qui avait fait preuve d’une bonne résilience depuis 2009, mais qui en 2012 est en chute et affecte fortement l’économie régionale, car il y a des effets d’entraînement. »
L’autre salut de la France passera par l’export, vers les pays dit émergents, mais qui depuis 2012 pèsent plus de la moitié du PIB mondial. Un cap franchi, que la région L.-R. doit essayer de négocier si elle veut voir ses exportations repartir : « La position géographique du L.-R. est extraordinaire, en droite ligne avec des pays en forte croissance, comme les pays d’Afrique du Nord, voire même d’Afrique Subsaharienne. Il y a des chantiers colossaux : prenez la Lybie, je suis très en colère de voir qu’il n’y a presque aucune entreprise française qui participe à la reconstruction. La croissance aujourd’hui n’est pas dans la zone euro. » Et c’est précisément vers cette zone que les entreprises régionales exportent le plus : en 2012, les exportations ont calé dans tous les départements, selon l’Ecozoom. Elles représentent au niveau régional un peu moins d’1,5 Md€ au 3e trimestre 2012.
Langueur généralisée
Le montant des comptes créditeurs est un autre indicateur de la torpeur régionale : « En octobre 2012, les montants placés étaient en hausse de 0,8% seulement en L.-R., contre + 1,6 % pour la France », indique l’Ecozoom. Hors ce montant reflète assez fidèlement l’activité économique d’un territoire, une activité soutenue se traduisant par des flux positifs. Par ailleurs, un sondage auprès des cabinets d’expert comptable révèle la fragilité des entreprises régionales : « 73 % des cabinets nous rapportent que leurs clients ont eu besoin de financements de court terme en 2012. Dans la conjoncture difficile qui est celle de la région, ces besoins émanent surtout d’entreprises connaissant certaines difficultés. Hors, ce type de financement représente plus de la moitié des refus de prêts constatés par les experts comptables. » Une situation préoccupante qui met en lumière les difficultés de l’économie régionale, et sa fragilité.
Le secteur des TIC, fer de lance de la relance ?
Novae LR, filière des entreprises des TIC de la région, s’est associée cette année à l’Ordre des experts-comptables pour que l’actualisation de son Obervatoire de la filière bénéficie des lumières de Nicolas Bouzou. Une analyse qui vient confirmer son propos sur les secteurs porteurs et innovants : le secteur des TIC en L.-R. est ainsi l’un des seuls à créer des emplois en ce début d’année 2013. Si son taux d’endettement est encore très important (141 % des fonds propres contre 54 % à l’échelle nationale), c’est plutôt signe d’investissement et de croissance que de mauvaise santé. En effet, cette étude montre que la rentabilité de ces entreprises a tendance à s’améliorer ainsi que la trésorerie, qui a augmenté de 18 % en 2011 en LR dans les entreprises de la filière. Son CA a augmenté de plus de 10 % en 2010 et 2011. « Il existe un terreau sur lequel on peut construire un secteur sain », a analysé Nicolas Bouzou. « Nos entreprises se créent et elles créent des emplois, a ajouté Philippe Nahoum, président de Novae LR. Nous avons une existence professionnelle, qui peut être source de compétitivité pour toutes les entreprises de la région. » « Si nous faisons les quelques réformes qui nous permettent de regagner en compétitivité, nous sommes en mesure de connaître une croissance très forte à partir de 2014, a analysé Nicolas Bouzou. La Région L.-R., qui ne souffre pas d'un héritage industriel pénalisant, peut facilement se développer sur les secteurs les plus porteurs : TIC, santé, mais aussi services à la personne et aux entreprises. » Les acteurs économiques aimeraient sûrement lui donner raison.
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie