L’hôtellerie montpelliéraine souffre face à Airbnb
Le nombre de nuitées contractées par des touristes dans le Grand Montpellier via la plateforme de location entre particuliers Airbnb est passé de 90 000 en 2014 à 553 000 en 2017 (+ 40 % par rapport à 2016), indique, ce mardi 24 avril, Fabrice Cavillon, directeur général de l’office de tourisme et de congrès métropolitain de Montpellier. Conséquence : une forte baisse de l’hôtellerie milieu de gamme (nombre de nuitées en baisse de 8,3 % en 2017 par rapport à 2016, selon In Extenso). « C’est une vraie problématique pour les professionnels, qui vont être amenés à modifier leur offre de service par rapport aux modifications des attentes et des usages des nouveaux publics », souligne Jean-Luc Cousquer, président de l’office. Au global (haut de gamme, milieu de gamme, classe économique, classe super économique), le nombre de nuitées hôtelières dans la métropole de Montpellier se maintient (+ 1 %) en 2017, avec 1 552 245 nuitées en 2017 (1 536 358 en 2016, d’après l’Insee). Montpellier représente les deux tiers de ce volume, attirant l’an dernier 1 037 992 nuitées (+ 3 % par rapport à 2016, d’après l’Insee). Le nombre de séjours dans les résidences hôtelières s’élève à 600 000. « L’hébergement non marchand est très important : 60 % des visiteurs viennent dans le cadre d’un séjour non marchand, étant hébergés dans la famille, chez des amis ou dans leur résidence secondaire », précise Fabrice Cavillon.
Un effort reste à faire en matière de détection des loueurs via Airbnb, ou autres plateformes (Bedycasa, Leboncoin…) : « Airbnb affiche 6 000 loueurs à Montpellier, et ils ne sont que 600 déclarants (soit 10 %) auprès de l’administration fiscale », souligne Fabrice Cavillon.
Si les visites guidées individuelles progressent en 2017 (17 499, au lieu de 16 372), l’accueil de l’office de tourisme Comédie affiche une baisse de 4 % (de 483 888 personnes en 2016 à 464 464 en 2017). Les musées et lieux d’exposition stagnent (- 1,3 %), passant de 595 969 visiteurs en 2016 à 588 360 en 2017.
Autres tendances :
- L’utilisation de la géolocalisation, à partir de juillet, via les opérateurs de téléphonie mobile, pour distinguer les séjournants des excursionnistes, mieux déterminer les profils de clientèles (provenances, modes de parcours)… « Ces volumes de données très importants seront intégrés à nos bilans », observe Jean-Luc Cousquer.
- Le succès de septembre, qui devient un très gros mois de fréquentation. « Juin est plutôt calme, alors que septembre est parfois presque aussi fort que juillet. C’est un mois plein en termes d’activités, de culture et de clientèle étrangère. » Le top 5 des clientèles étrangères : Espagnols, Anglais, Américains, Allemands et Belges.
- La ville mise sur le soleil, le vin, la mer mais aussi la culture, avec sa campagne « Art you ready ? », signée Léon Travel&Tourisme (Toulouse). Des représentations théâtrales seront données (Le Malade Imaginaire, de Molière) dans la cour intérieure de l’ancienne faculté de Médecine, en cœur de ville.










