LGV Bordeaux-Toulouse : le financement en question
Réunis le 31/3 à Toulouse* à l’initiative du “centre de ressources et d’actions“ Euro Sud Transport présidé par Jean-Louis Chauzy, les élus de la région LRMP ont planché sur les pistes de financement des grandes infrastructures de transport du Sud-Ouest européen dont la LGV Toulouse-Bordeaux. Une ligne dont la DUP sera publiée début juin mais pour laquelle aucun plan de financement n’est encore arrêtée alors que son coût pourrait avoisiner 9 Md€. L’occasion pour Carole Delga, présidente de la région LRMP d’afficher son opposition au PPP : « Je n’y suis pas favorable », tranche l’élue en évoquant l’hypothèse d’une maîtrise d’ouvrage publique associant l’Etat et la SNCF. « Doit-on financer sur 10 ans un équipement dont la durée de vie sera de près d’un siècle ? », interroge Jean-Louis Chauzy, par ailleurs président du Ceser LRMP, en évoquant le financement du projet Grand Paris qui va s’échelonner sur près de 50 ans. Un diagnostic partagé par Carole Delga qui se dit prête à réfléchir à des financements de longue durée. La présidente de région a par ailleurs annoncé qu’elle rencontrerait prochainement le président de la République pour faire le point sur ce dossier. Parmi les autres pistes de financement évoquées, Jean-Louis Chauzy plaide pour l’intervention de fonds étrangers souverains à l’image du projet de mise à 2 x 2 voies de la liaison Ax-les-Thermes–Barcelone via Puigcerda.
Au delà, les élus de tous bords, de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, en passant par Georges Méric, président du département de la Haute-Garonne, tous plaident pour que l’Etat réunisse au plus vite le comité des financeurs de la LGV Toulouse-Bordeaux. Autre interrogation, celle relative à la LNMP (ligne nouvelle Montpellier-Perpignan). Pour Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Métropole, « il est très difficile de faire passer à la fois de la LGV, du trafic normal (Ter, Intercités NDLR) et du fret sur une même ligne. Il n’y aura donc pas de ligne dédiée au fret sur cet axe, la SNCF ayant abandonnée cette option pour des raisons budgétaires », déplore l’élu héraultais. « Concernant la ligne Montpellier-Perpignan, j'ai demandé au ministre des Transports d'accélérer le dossier dès mon élection. Depuis le tracé a été arrêté, et l'enquête d'utilité publique sera lancée à l'automne. J'irai fin avril à Bruxelles pour solliciter la Banque européenne d'investissement pour participer au financement de cette ligne. Par ailleurs, sur le tronçon Toulouse-Narbonne, nous devons avoir une circulation plus rapide et mieux cadencée. J'ai sollicité le premier ministre et nous travaillons avec le préfet pour inscrire les travaux au CPER », indique Carole Delga.
* Le colloque « Innover pour financer les grandes infrastructures du Sud-Ouest européen » organisé par Euro Sud Transport a réuni 300 participants : élus, experts, chefs d’entreprise, maîtres d’ouvrage, représentants des services de l’Etat, des chambres consulaires et des organisations professionnelles.










