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Languedoc-Roussillon
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Viticulture
| 12/12/2011

Les vins Pays d'Oc à l'heure de la mobilisation

« Nous sommes à la croisée des chemins », lance Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de vin Pays d’Oc IGP, en ouverture de la 24e assemblée générale, le 9 décembre à la Grande-Motte. Jusqu’ici « leader des vins de cépage en France et en Europe » avec 5,5 Mhl annuels, les vins Pays d’Oc voient leur hégémonie menacée par l’émergence des vins sans indication géographique et avec mention de cépage.
2012, année clé
« Nous rencontrons un bouleversement total de notre positionnement avec l’arrivée des vins de cépage sans indication géographique », confirme Florence Barthès, directrice du syndicat Pays d’Oc. « On a perdu des marchés en entrée de gamme mais, en parallèle, on a segmenté notre offre et consolidé les vins Pays d’Oc avec un vrai label ». Pour Frédéric Volle, du cabinet Abso conseil, « les vins sans indication géographique vont entrer par le bas de la pyramide avec des écarts de prix importants ». Pour Jacques Gravegeal, « nous sommes dans le timing pour réagir sur l’organisation commerciale des vins et en particulier des vins de cépage. Si on loupe la marche de 2011, on n’aura pas donné de signes forts pour que le commerce croit en une force dont le sourcing est garanti ».
5 scenarii possibles
Comme si tout le monde s’était donné le mot, le syndicat des vins Pays d’Oc a lui aussi lancé une étude prospective avec cinq scenarii imaginés pour l’avenir du vin Pays d’Oc. Le premier, qui décrit la situation actuelle, parle d’un « sursis sur le marché » avec une perte de 10 à 20 % des volumes. Le second imagine une « décroissance subie » avec des pertes de volume de l’ordre de 30 à 40 %. Le 3e scénario prévoit que la « loi du marché » entraîne une « démobilisation des acteurs » avec des pertes de 70 à 80 % des volumes. Les deux derniers scénarii sont plus optimistes : l’un parle de « régulation et de promotion », qui permettent d’endiguer les pertes de volumes entre 5 et 15 %, et le second, grâce à un « leadership et de l’influence », arrive à maintenir les volumes, voir les augmenter.
Salut des vins Pays d’Oc
« Aujourd’hui, nous sommes dans le scénario un. Si l’on ne fait rien, on ira vers le deuxième scénario, puis le troisième. Les deux derniers scénarii ne seront envisageables que si l’on passe à l’action », résume Frédéric Volle. « Pour cela, il faut des actions du syndicat et de l’interprofession vers l’amont et l’aval ». Parmi les pistes d’action citées : côté aval, garantir l’approvisionnement, développement de nouveaux produits, synergie filière, lobbying et côté amont, contrats pluriannuels, création d’un club des enseignes de la grande distribution, aides à la décision via la mise en place de commission Marché,… Pour Jacques Gravegeal, la question de l’irrigation, « pour compenser le stress hydrique sans chercher l’augmentation de volume », est posée ainsi que celle de la régulation via les déclarations de récolte. « 1 Mhl d’ex-AOP deviennent des IGP en fin de campagne », dénonce-t-il. « Tout le monde parle de régulation mais ce n’est pas possible si les cartes sont fausses dès le départ ».
L’union fait la force
Pour maintenir le leadership des vins Pays d’Oc, syndicat et interprofession concentrent leurs efforts : la fédération des caves coopératives et les vignerons indépendants rejoignent un comité permanent pour assister le conseil d’administration du syndicat. Côté interprofession, les contrats deviennent pluriannuels, les metteurs en marché ont décidé de doubler leur cotisation et un club des enseignes de la grande distribution va être créé. « C’est signe qu’ils y croient », estime rassuré ce président de cave coopérative audoise.
Une interprofession forte
Olivier Simonou, directeur du site Castel à Béziers et président de l’interprofession InterOc, confirme que « Pays d’Oc est le label le plus rémunérateur pour les producteurs sur le bassin. Il faut trouvé un second souffle grâce au Bib, aux marques de distributeurs et au rosé. On a créé un concept sur un rapport qualité/prix imbattable sur le marché français. Mais l’environnement concurrentiel a changé avec l’arrivée des vins de cépage sans indication géographique et le concept est un peu secoué. On s’expose à une guerre des prix qui conduirait à l’appauvrissement général de notre filière et de notre bassin/ On en est conscient, il faut réagir pour garder cette valorisation faite il y a 24 ans autour d’un concept simple. Il faut réguler de manière à assurer une valorisation stable. » Le président d’Inter Oc en appelle à « muscler l’aspect qualité pour se différencier » et à amener de la modernité avec notamment « l’inscription des démarches de développement durable qui seront demain des pré requis pour nos clients » mais aussi avec de l’innovation, avec « la capacité à faire du vin effervescent sur un marché mondial en pleine croissance ».
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