Les promoteurs immobilier d'ex-LR ont besoin d’offre et d'avocats
La fédération des promoteurs immobilier Occitanie Méditerranée confirme une contraction des mises en vente en 2019 lors d’un point presse organisé le 12 mars, à la veille du salon de l’immobilier de Montpellier (15 au 17 mars au Corum). En 2019, sont prévues environ 4 900 ventes (– 20 % vs 2018) en ex-LR et 2 900 ventes sur la région de Montpellier (-10%), soit le niveau de vente atteint en 2015 après trois années difficiles. « L’attractivité du territoire et les effets de la métropolisation conduisent à contracter le marché immobilier et à faire progresser les prix par une concentration de la production et de la demande », déclare Laurent Villaret, président de la FPI Occitanie Méditerranée. Autre contrainte, 1 395 logements bloqués par des recours à fin 2018 sur la seule métropole de Montpellier. Pour accroître l’offre immobilière et répondre à la demande de logement dans toute sa mixité (social, libre, abordable), la fédération appelle à une quête foncière et travaille sur l’accélération du montage des opérations et l’amélioration des délais d’instruction des recours (10 mois selon la loi Elan) en développant une démarche d’audit systématique des permis de construire par des avocats. « À Montpellier, nous disposons d’excellents architectes, d’excellents promoteurs et d’excellents avocats experts en urbanisme. Autant qu’ils mettent leurs savoir-faire au service de nos dépôts de permis de construire (…) On va avoir besoin des avocats ! », conclut-il.
Un marché attractif mais sous tension
« En 2018, sur la métropole de Montpellier qui concentre 49 % de la production de l’ex-LR, les mises en vente ont reculé de 22 % (-12% en ex-LR, NDLR) en corrélation avec la baisse des volumes de ventes (-22%) qui sont pourtant à des niveaux très élevés », explique Laurent Villaret. La demande est là mais pas la production. Conséquence les prix grimpent. À Montpellier, le prix est de 4 167 €/ m2 hors parking en 2018 contre 3 791 € /m2 en 2014. « Les stocks de ventes sont de 7,6 mois sur la métropole, contre 12 mois habituellement. Ils pourraient passer en deçà des 7 mois », s’inquiète Mathieu Massot, vice-président et directeur de FDI Promotion. « La métropolisation n’est pas à combattre. On se trompe si on considère qu’il faut urbaniser que la métropole avec l’essor du digital. L’attractivité du territoire de Montpellier rejaillit sur les villes de Lunel, Sète, Béziers…», déclare Laurent Villaret.
Les solutions
Pour faire baisser la tension du marché, la FPI appelle une libération du foncier constructible en renouvellement urbain (en diffus), une densification en hauteur raisonnée sur la métropole (un étage supplémentaire ou plus sur certains îlots), une intensification des constructions neuves sur d'autres communes de la métropole que Juvignac, Saint-Jean-de-Védas et Castelnau-le-Lez (elles concentrent 85 % des constructions), un développement des territoires péri-urbains et des villes sur les axes Nîmes-Lunel et Montpellier-Sète-Béziers. « Nous sommes entrés dans une dynamique foncière en évitant l’étalement urbain de la métropole. On travaille sur des projections dans des zones où l’on pourrait transformer des bureaux en logements pour tendre vers des quartiers mixtes. On regarde Euromédecine, La Restanque, le Millénaire ou Agropolis. Mais il faut que cela matche, explique Laurent Villaret. Nous travaillons aussi aux côtés de l’EPF Occitanie (établissement public foncier, NDLR) au sein d'ateliers pour développer des opérations pilotes en dehors de la métropole dans les secteurs rural et littoral. C’est important en raison de la suppression du zonage B2 du dispositif Pinel qui va impacter les marchés de Béziers (-68 % de ventes nettes attendues en 2019) et Narbonne (-45%) », indique-t-il. La FPI travaille à une urbanisation concertée avec les services de la Ville, de la Serm/SA3M voire Viaterra (sem d’aménagement de Béziers Agglo) que la FPI rencontre sous peu... « La baisse des mises en vente n’est pas uniquement liée au foncier mais aussi à la longueur des instructions du permis. Depuis le 1er mars, nous lançons un outil concerté de pré-projet déposé en amont du permis (délais d’instruction : 2 mois) pour identifier d’éventuelles contraintes. Une synthèse sera faite fin 2019. Nous travaillons aussi sur d’autres outils comme l’intelligence d’usage, la densité par la hauteur », explique-t-il.
(Données chiffrées, source Adéquation).










