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Pyrénées-Orientales
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Transports - Logistique
| 6/06/2013

Les deux Catalognes attendent la LGV Perpignan-Barcelone

À l'automne prochain, si tout va bien, la ligne à grande vitesse reliera Perpignan à Barcelone en 45 minutes, au lieu de 2h30 actuellement. À cette occasion, la Lettre M a organisé son premier « Petit Déj » à Perpignan, au sein de l’hôtel d’agglomération, pour débattre des enjeux présents et à venir de la LGV, en présence de près de 80 décideurs locaux.

Perpignan-Barcelone en octobre/novembre
La date de l'entrée en service du tronçon complet Perpignan-Barcelone reste incertaine. Le directeur régional de la SNCF, Jean Ghedira, estime qu'elle n'aura pas lieu « avant fin octobre », en regrettant que « la période des vacances nous ait échappé. » Le président de l’agglomération, Jean-Paul Alduy, espère que « l’organisation du sommet franco-espagnol en novembre » facilitera la tenue des délais, tout en s’insurgeant contre la lenteur des décisions. Le 24 juin, des représentants de la SNCF doivent se rendre à Madrid pour régler ces points techniques, explique le directeur régional. Il confirme que les deux allers/retours en semaine entre Barcelone et Paris et les allers/retour vers Marseille, Lyon et Toulouse seront doublés en 2014. Selon lui, « le trafic voyageurs vers Figuères connaît un bon taux de fréquentation avec, à terme, un potentiel de 1,8 million de voyageurs. » Il juge qu’il faudra du temps pour connaître le réel potentiel du marché espagnol, notant au passage qu’au niveau des arrêts TGV attendus, Montpellier et Nîmes sont incontournables au regard de Perpignan, même s’il fonde beaucoup d’espoirs sur le marché de Perpignan.
Un rebond attendu

Jean-Jacques Planes, président de la Fédération régionale du bâtiment et actif au sein du pôle économique du Vallespir fait le constat « qu’il n’y pas modernité sans moyen de transport efficient. Le département manque de couverture nationale et internationale. » Selon lui, l'entrée en service de la liaison avec Barcelone génère de « nouvelles forces, et pas que dans le bâtiment, car d’autres secteurs ont beaucoup d’attentes. » Fervent combattant de la concurrence déloyale exacerbée avec la crise et en l’absence d’harmonisation européenne, il se dit convaincu que les frottements actuels ne vont pas durer. « Il faut passer ce cap. Il va y avoir un rebond, avec une forme d’harmonisation. Cela conduira à développer un partenariat, travailler ensemble pour bénéficier d’un rayonnement supérieur, indique-t-il. C’est certain que, dans un premier temps, Gérone va capter le bienfait du TGV. » Jean-Paul Alduy salue « la modernité » des propos de Jean-Jacques Planes, qui « porte le regard au loin en restant vigilant ».

Impact touristique
Depuis la mise en service de la ligne TGV jusqu’à Figuères, le président de l’agglomération dit avoir, grâce à la proximité de l’Aéroport international de Barcelone, la capacité de développer le marketing territorial. « J’ai des éléments pour être concurrentiel avec Montpellier », souligne-t-il. La CCI de Gérone a commandé une étude sur l’impact de la LGV. Selon son président, Domenec Espadalé, « la LGV dynamise la relation commerciale, culturelle et touristique. Elle aura un impact positif pour l’économie de Gérone comme du L.-R. Pour l’heure, nous avons la connexion technique, mais il faut que la connexion avec les personnes et les marchandises s’opère. » L’élu consulaire a attiré l’attention de l’intérêt du multimodal pour le fret ferroviaire : « les liaisons avec les ports de Barcelone, Tarragone, Saragosse et Marseille se feront par le fer. C’est l’enjeu du futur, tant pour Gérone que pour le L.-R. » Concernant le trafic passagers, Jean-Paul Alduy juge que « le potentiel est là, mais l’impact touristique, résidentiel, commerce dépend de nous. Et de notre capacité à répondre à cette nouvelle proximité. »
Chaînon manquant
Jean-Jacques Planes le confirme : « le chaînon manquant Montpellier-Perpignan est très attendu ». Marc Wilfrid Espi, élu à la CCI des P.-O. a interrogé les intervenants sur le choix de la mixité pour cette future liaison, pour laquelle les études sont en cours, sous maîtrise d'ouvrage de RFF, et qui dépend toujours d'un choix politique, attendu dans les mois qui viennent. La SNCF y est très favorable. Jean-Paul Alduy, qui suit de près les études en cours, précise que cette mixité est possible entre Montpellier et Narbonne, mais pas entre Narbonne et Perpignan. Pour ne pas perdre « la capacité technique de se raccorder à Toulouse », il propose « un raccordement à Rivesaltes du TGV à la ligne ancienne et de créer une ligne fret le long de l’autoroute. » Il reste « inquiet pour le terme de 2020, en raison de la dette de RFF. » Et indique avoir écrit au ministre des Transports pour lui proposer de participer financièrement à la réalisation de ce chaînon manquant à « hauteur du concours de notre participation actuelle aux études soit 1 % ». L’élu veut également capter une partie des 27 Md€ de crédits européens pour les lignes de transport. « On sait que les premiers venus sont les premiers servis, il faut un projet technique, juridiquement assuré et surtout financé. On peut obtenir 20 à 30 % d’aides. »
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