Les chiffres de l'immobilier gardois analysés par la chambre des notaires
La pierre ne connaît pas la crise ? Selon Me Pierre Devine, notaire à Roquemaure et délégué aux chiffres de l’immobilier au sein de la chambre des notaires du Gard, le marché de l'immobilier gardois a globalement bien résisté aux conséquences économiques de la pandémie. « Jusqu’à mars 2020, le marché gardois se portait très bien, comme en 2019 d’ailleurs », note-t-il. « Durant le confinement, sans surprise, les ventes ont ralenti puis ont connu une reprise tonitruante au printemps 2020. En lissant sur toute l’année 2020, l’année a été relativement équivalente à la précédente », explique-t-il à La Lettre M.
Hausse des ventes dans l'ancien
Sur la période allant de septembre 2020 à septembre 2021, « le volume des ventes dans le département a grimpé de 12 % dans l’ancien (par rapport à la période septembre 2019/septembre 2020, NDLR), tous biens confondus, et de 18 % pour les appartements anciens », relève le notaire. Et de poursuivre : « Cette hausse assez marquée peut être attribuée à un phénomène de rattrapage après une période d’attentisme. En termes de prix toutefois, l’augmentation est plus mesurée : + 8 à 10 % en moyenne dans l’ancien. Dans le neuf, à Nîmes, le prix du m2 neuf oscille autour de 3 100 €, contre 2 270 € dans l’ancien. Nous n’observons pas de hausse significative des volumes de vente dans le neuf car les programmes immobiliers peinent à sortir de terre. Ils sont ralentis par les recours notamment. » Pas de tendance à la hausse non plus pour les ventes de terrains à bâtir. Ni en volume ni en prix. « En juin 2021, le prix moyen d’un terrain à bâtir dans le Gard était de 77 000 € environ pour une surface de 600 m2. Des chiffres similaires à 2016-2017 », précise Me Devine.
Engouement des citadins
Le Gard tirerait, pour l’instant, mieux son épingle du jeu que l’Hérault. « Les citadins, notamment les Parisiens, en quête d’un jardin, d’une terrasse, après les confinements successifs se sont orientés vers des villes moyennes, voire même petites et l’Hérault, qui compte plus de grandes villes, a moins profité de cette tendance que le Gard. Les citadins ont revendu leur appartement au prix fort et ont pu s’offrir de jolis biens dans le département ». Le notaire redoute toutefois un essoufflement de cette tendance. « Les Parisiens qui doivent toujours travailler un ou deux jours par semaine à Paris et vont se retrouver avec la pelouse à tondre, la maison à entretenir…risquent de déchanter. D’autant plus que les impôts fonciers sont nettement plus élevés dans le Gard qu’à Paris. S’ils viennent à regretter leur décision et à revendre leur maison gardoise, qui pourra les racheter ? », demande-t-il.










