Les acteurs publics du traitement des déchets vent debout contre la consigne des bouteilles en plastique
Alors qu'Emmanuel Macron a appelé le 29 mai à « mettre fin à un modèle globalisé et insoutenable » à l'occasion du sommet organisé à Paris sur l'avenir du plastique, vingt-deux structures publiques* de traitement de déchets d’Occitanie s’allient pour dénoncer la mise en place potentielle d'une consigne des bouteilles en plastique, comme le prévoit la loi Agec. Selon le collectif, le projet consisterait à créer « une fausse consigne des bouteilles en plastique » puisqu'il ne prévoit pas la réutilisation des bouteilles mais leur recyclage, non plus par les acteurs publics mais par le secteur privé.
Un changement qui viendrait déstabiliser les collectivités alors qu'elles « investissent lourdement pour moderniser leurs centres de tri afin de satisfaire aux extensions des consignes de tri des emballages ». Les acteurs publics craignent en effet « la disparition des soutiens (financiers, NDLR) Citéo (ex-Eco-Emballage, NDLR) » essentiels à leur équilibre financier, au profit des industriels.
Plus d'1 M€ de recettes menacées pour Trifyl
« Chez Trifyl (établissement public tarnais de valorisation des déchets ménagers, NDLR), le recyclage des bouteilles en plastique représente 20 % de nos recettes », illustre Bruno Roussel, DGS de Trifyl, interrogé par La Lettre M. L’organisme, signataire de la motion avec 21 autres acteurs régionaux, estime que l’arrêt de l’activité de recyclage des bouteilles en plastique représenterait pour lui une perte financière de 1,1 M€ par an. « Les industriels seraient les grands gagnants : ils pourraient augmenter le prix des bouteilles et auraient ainsi des recettes bien supérieures au coût du recyclage », dénonce Bruno Roussel.
Les acteurs publics du traitement des déchets alertent par ailleurs sur les conséquences financières pour « le consommateur qui paiera au moins deux fois : pour le bac jaune, sa collecte et son traitement, mais également pour la consigne ». Un impact d’autant plus important que les pertes financières subies par le service public du traitement des déchets devront « nécessairement » être supportées par « le consommateur/contribuable/citoyen », préviennent encore les 22 organismes.
Le projet de consigne des bouteilles en plastique est issu d’une directive européenne retranscrite dans le droit français par la loi Agec qui impose un taux de collecte pour le recyclage des bouteilles en plastique pour boisson de 77 % en 2025 et 90 % en 2029. Face à la levée de bouclier des élus en 2019, Brune Poirson, alors secrétaire d’État à l’Écologie, avait repoussé le projet à 2023.
* Smectom du Plantaurel (Ariège), Covaldem (Aude), Sydom (Aveyron), Sitom Sud Gard (Gard), Symtoma (Gard), Smiritom et Alès Agglomération (Gard), Sud-Rhône Environnement (Gard et Bouches du Rhône), Communauté d’agglomération du Gard rhodanien, Décoset (Haute-Garonne), Trigone (Gers), Syndicat Centre Hérault, Sictom (Hérault), Syndicat mixte entre Pic et Étang (Hérault), Métropole de Montpellier, Syded (Lot), SDEE de la Lozère, SMTD 65 (Hautes-Pyrénées), Sydetom 66 (Pyrénées-Orientales), Trifyl (Tarn), Smictom de la région de Lavaur (Tarn), Sirtomad (Tarn-et-Garonne), SDD 82 (Tarn-et-Garonne).











