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Tarn-et-Garonne
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Hôtellerie - Restauration
| 24/08/2020

Les acteurs de l’hôtellerie-restauration unis face aux assureurs

Alors que les assureurs rechignent à indemniser les acteurs de l’hôtellerie-restauration victimes de la crise sanitaire, l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie du Tarn-et-Garonne (Umih 82), depuis le mois de mars, mobilise les acteurs des autres départements d’Occitanie pour mener des actions collectives. Accompagnées d’un avocat, Me Gauthier de Malafosse, les Umih du Tarn-et-Garonne, du Tarn, du Gers, du Lot, de l'Ariège et de l'Aveyron envisagent de mener de front des actions auprès des tribunaux.
« Puisque chaque contrat d’assurance est différent, il n’est pas possible de mener une action en justice collective », explique à La Lettre M Me Gauthier de Malafosse. « Pour faire front, nous allons coordonner une multitude d’actions individuelles, afin qu’elles soient présentées au cours d’une même audience », rajoute la coprésidente de l’Umih82, Valérie Pons. Et d’ajouter : « Agir en commun permet également de réduire les frais d’avocat ».

L’Umih82 en tête

« Nous avons pris les devants car les acteurs de l’hôtellerie-restauration du Tarn-et-Garonne ont subi très tôt les premières conséquences de la crise sanitaire. L’annulation d’un très gros évènement - le championnat de France de cross-country qui devait se tenir les 7 et 8 mars à Montauban - a laissé des traces. Les professionnels ont perdu dès le mois de mars 30 à 80 % de leur chiffre d’affaires », se souvient Valérie Pons, elle-même restauratrice. Rapidement, l’Umih 82 contacte les départements voisins pour recenser les difficultés des professionnels et organiser une réaction.
« Le 11 mai, le gouvernement a demandé aux professionnels et aux assureurs d’entrer en négociation, précisant que si aucun accord n’était trouvé, il légifèrerait », rappelle-t-elle. Depuis, malgré l’absence de compromis, l’État fait la sourde oreille, laissant le sentiment aux professionnels de l’hôtellerie-restauration d’être abandonnés. « Nous constatons l’absence de solidarité des assureurs et l’absence de suivi de l’État », déplore Valérie Pons.

Des indemnisations pour éviter le procès

Au niveau national, l’Umih a déjà épluché plus de 10 000 contrats. En Occitanie, Me Gauthier de Malafosse en a étudié plusieurs dizaines. « Ce sont surtout des contrats Axa qui ont jusqu’à présent été portés devant les tribunaux, car ils mentionnent le sujet de l’épidémie », note l’avocat. D’autres ne font pas état d’épidémie ou de pandémie. « C’est à nous, avocats, de proposer aux magistrats une nouvelle lecture du droit afin de créer une jurisprudence favorable aux restaurateurs », estime l'avocat.
En attendant, des professionnels sont déjà en train de mettre la clé sous la porte. Certains assureurs ont proposé des indemnisations, allant de 1 000 à 8 000 €. « Parfois, ces solutions ont été acceptées car les professionnels n’avaient financièrement plus le choix », explique Valérie Pons qui tient à mettre les points sur les i : « En 20 ans, les assureurs ont reçu 95 milliards d’euros de cotisations. Ils en ont dépensé 43 milliards pour indemniser les sinistres. Il leur en reste 52 milliards. Les professionnels français de l’hôtellerie-restauration demandent seulement 5 milliards d’euros pour les aider à redémarrer. »

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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