Le solaire photovoltaïque, ça se mérite.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué...
A première vue, les mesures incitatives pour encourager le développement du solaire photovoltaïque en France sont bien réelles. Le crédit d’impôt (50 % de l’investissement, hors pose, dans la limite de 8 000 € par foyer) et surtout, le tarif d’achat de l’électricité par EDF (0,30 €/kWh de tarif de base, auquel s’ajoute une prime de 0,25 €/kWh liée à l’intégration de l’installation au bâti), sur un contrat de 20 ans, avec indexation sur le coût de la vie, ont eu un effet certain, en direction des particuliers, comme des entreprises et collectivités locales.
Beaucoup se sont soudain découverts un engouement pour l’énergie verte, et plus particulièrement pour le solaire photovoltaïque. Les leviers financiers ont réveillé les consciences et suscité les nouvelles vocations.
L’affluence à une récente réunion d’information organisée par l’ATEE Midi-Pyrénées (Association Technique Energie Environnement), dans les locaux du site de production de panneaux solaires photovoltaïques de Tenesol, à Toulouse, en est une démonstration. Pas moins de 200 acteurs économiques de Midi-Pyrénées ont répondu à l’appel, pour une réunion qui prévoyait initialement de réunir une cinquantaine de personnes.
Chacun de se rêver producteur d’électricité à bon compte. Mais très vite, il faut déchanter. L’affaire n’est pas si simple.
Si certains n’ont toujours pas compris pourquoi la France a un tel retard sur d’autres pays européens en la matière, et notamment sur l’Allemagne, ce type de réunion d’information est là pour donner un début de réponse.
Produire de l’énergie solaire photovoltaïque demande, en amont, une forte détermination. Car comme dans beaucoup d’autres domaines, nos technocrates s’en sont donné à cœur joie. Tout d’abord, faire la démonstration que la solution retenue est bien intégrée au bâti. Cela ne va pas forcément de soi. Des règles très strictes définissent ce qui peut être considéré comme intégré au bâti.
Ensuite, il s’agit d’engager les étapes administratives de raccordement et de vente. Le parcours du combattant commence : pas moins de 5 dossiers sont à déposer à la mairie de la commune où est réalisé le projet, auprès de la Drire régionale, de la Dideme, d’ERDF Raccordement et de l’agence Obligation d’achat d’EDF. Dans le meilleur des cas, les experts de la question n’hésitent pas compter un minimum de 7 mois.
Marina Angel
mangel@depechemag.com










