Le projet d’extension du port de Port-la-Nouvelle déstabilise des opérateurs sétois
Certains transporteurs et opérateurs portuaires sétois redoutent que le projet d’extension du port de Port-la-Nouvelle, actuellement en débat, leur porte préjudice. « Pourquoi la Région et les collectivités partenaires (Grand Narbonne et conseil général de l’Aude, NDLR) investiraient-elles 200 M€ à Port-la-Nouvelle, alors que le port de Sète est en sous-capacité ?, interroge l’un d’entre eux. Quelle est la logique de la démarche ? S’agit-il d’un projet concurrent ou complémentaire du port de Sète ? Les investissements qui iront à Port-la-Nouvelle ne risquent-ils pas de se faire au détriment de ceux prévus sur Sète ? »
Bourquin « blessé »
Christian Bourquin, président de la Région L.-R., riposte, le 24, lors des vœux du port de Sète : « Je suis blessé par ce manque de générosité et de compréhension, d’autant plus qu’on est en période de crise. De nouvelles productions servent à la vie, aux marchés, à l’exportation. Face au chômage, il nous faut tout faire pour aller de l’avant. C’est une ambition collective. » S’adressant à l’assistance : « Venez m’aider ! Le débat public (sur l’extension des infrastructures du port de Port-la-Nouvelle) n’est pas là pour que s’expriment uniquement les opposants à nos projets d’organisation du territoire. Il y aura une réunion du débat public pour l’extension de Port la Nouvelle (18 février, 19h, salle Georges Brassens). Ne vivez pas cette réunion, organisée par une autorité indépendante (commission particulière du débat public, NDLR) comme une provocation. Dites-le, que c’est utile d’investir dans le monde de l’économie de la mer ! Dites-le, qu’on n’est pas en concurrence, Sète et Port-la-Nouvelle ! Plus on embrassera la mer, plus on se développera. »
Ports « complémentaires »
Pour Marc Chevallier, président de l’EPR Port Sud de France, « les deux ports sont complémentaires. Les céréales qui viennent du Sud-Ouest de la France vont à Port-la-Nouvelle, celles qui viennent du centre de la France sont réceptionnées à Sète. Sète a une desserte fluviale, ce qui est un avantage en termes de multimodalité. La Région L.-R., propriétaire des deux ports, ne va pas mettre de l’argent à Port-la-Nouvelle pour dépouiller le port de Sète. Ça n’aurait pas de sens. Je suis convaincu que c’est l’industrialisation et la mise en œuvre des outillages et des quais qui appellent le trafic. Vous ne faites pas venir un armateur si vous n’avez pas du tirant d’eau, des grands quais, des portiques, des grues… Quand vous avez ces installations, vous prenez du trafic : la nature a horreur du vide. »










