Le groupe Nicollin déploie une offre de services à destination des ports
Le groupe Nicollin (400 M€ de CA, 5 800 salariés) diversifie ses actifs en créant une nouvelle offre de services à destination de l'activité portuaire. Celle-ci s’opère via une filiale dédiée : « Il s’agit d’une offre à tiroir. Un service sur mesure en fonction des besoins et caractéristiques de chaque port», avance à La Lettre M, Baptiste Nicollin, pilote du projet au sein du groupe. Fils cadet de Laurent Nicollin et étudiant en troisième année à la Montpellier Business School, il représente la nouvelle génération au sein de l’entreprise familiale.
Ce positionnement nouveau sur les activités portuaires du groupe Nicollin n’en est encore qu’à ses balbutiements. L’entreprise a répondu à plusieurs appels d’offres provenant de ports de la région, mais aussi au niveau national comme l’atteste le pilote du projet : « Beaucoup de ports se trouvent en ce moment en fin de concession. Les premières réponses à des appels d’offres et à des délégations de services publics sont attendues en fin d’année. Nous visons les ports de l'Hérault mais aussi certains de la Région Sud-Paca, voire au-delà, ce n'est pas exclu. »
Le groupe évaluera en début d’année prochaine le montant des investissements à consentir en fonction de l’attribution de nouveaux marchés. En termes de concurrence, l'entreprise se positionne sur un marché où opèrent déjà des grands comptes « comme Suez ou Veolia, mais pas avec une offre si regroupée », estime Baptiste Nicollin.
Une station de lavage à venir
Concrètement, la nouvelle offre destinée aux zones portuaires et tout milieu fluvial propose une gamme de solutions à la carte. En premier lieu, des prestations en milieu aquatique visant la protection environnementale des zones maritimes comme le déploiement de barrages (anti-déchets ou anti-pollution), la mise en place de procédés de collecte de déchets et des opérations de restauration écologique. La dépollution, d'urgence ou régulière, des ports fait également partie de ce nouveau service à la demande proposé par le groupe Nicollin, avec une future flotte de navires déployée à cet effet. En fonction des besoins, l'entreprise pourrait acquérir des barges d'un montant unitaire oscillant entre 50 et 150 k€.
Le deuxième axe de la gamme concerne les prestations à destination des capitaineries et plaisanciers. Un pôle de développement, comme le confirme Baptiste Nicollin : « Il s’agit de notre cible prioritaire. Le traitement des eaux usées demeure problématique et onéreux pour les bateaux de plaisance, comme les opérations de carénage. Beaucoup de déchets sont aussi jetés en milieu maritime par les plaisanciers. » Les prestations comprennent aussi le pompage des eaux grises et des eaux noires, ainsi que des services de lavage des bateaux et de leurs coques. Le groupe compte introduire une station de lavage, déjà déployée dans des pays scandinaves par des entreprises locales. La station peut contenir des bateaux jusqu’à seize mètres de long et 8,5 mètres de large. Elle réduit aussi à zéro les rejets chimiques. Cette gamme dédiée aux bateaux englobe aussi la déconstruction des navires de plaisance et de sport et la revalorisation de déchets issus du nautisme.
Le dernier pilier du panel d’offres se dirige enfin sur les prestations terrestres. Celle-ci englobe la collecte des déchets des ports, le nettoiement de la zone portuaire, l’entretien des infrastructures et des activités de gardiennage, déjà en cours sur le port de Sète avec qui l'entreprise a un contrat. « Cela reste notre cœur de métier », assure Baptiste Nicollin. Le groupe avait déjà préparé le terrain quant à une diversification sur l'univers portuaire. En avril dernier, l'entreprise a signé une convention de partenariat avec l'union des villes portuaires d'Occitanie, afin d'étoffer son expertise et sa connaissance des contraintes et spécificités particulières liées à l’univers aquatique. Cette proposition nouvelle d'offres découle d'une suite logique.










