Le fret ferroviaire régional également impacté par la grève
L’opérateur de transport combiné rail/route Open Modal (TAB et T3M), basé à Saint-Jean-de-Védas, essuie « près de 200 000 € de pertes lors des jours de grève », calcule Jean-Claude Brunier, PDG. « Certes, le fret ferroviaire est libéralisé, complète-t-il. Mais nous dépendons des aiguilleurs ferroviaires. Le transport combiné utilise de très grands itinéraires, pour des marchandises diverses (alimentation, boisson, électroménager, meubles…). À l’entrée des grands terminaux, il faut que les postes d’aiguillage soient opérationnels, pour que les trains aillent dans les bonnes voies des terminaux de transbordement. » Quelle parade pour le logisticien ? « Demander aux clients d’anticiper les chargements, et intensifier le transport routier (via l’entité TAB), autre métier du groupe. Mercredi, nous avons effectué un petit tiers de notre activité normale. On va demander des comptes à SNCF Réseau, car nous avons acheté les sillons il y a plus d’un an. » Open Modal réalise un chiffre d’affaires de 80 M€ et emploie 210 salariés. Le groupe gère aussi trois terminaux logistiques (Bonneuil-sur-Marne et Valenton en région parisienne, et Fenouillet à côté de Toulouse).
Positionné au cœur du pôle économique Saint-Charles à Perpignan, le terminal de transport combiné rail-route de Perpignan-Saint-Charles subit aussi les aléas de la grève des cheminots. « Le mouvement de grève du 20 mars, a eu pour notre activité un impact dès la veille et toute la journée suivante. Des trains ont été supprimés et 200 opérations de manutention n’ont pu être réalisées », constate Éric Gilbert, directeur de Perpignan Saint-Charles Conteneur Terminal. Le chantier de transport combiné reçoit en moyenne cinq trains par jour. Avec la grève des 3 et 4 avril, des services d’opérateurs ferroviaires ont été purement annulés. « Sur ces deux journées, nous avons reçu aucun train à l’arrivée ni au départ. Et le 5 avril, nous avons eu moins de trains que d’habitude. En effet, même si le terminal est en capacité d’accueillir des trains, les clients devront attendre que le service de transport ferroviaire se remette en place », dénonce-t-il. Selon lui, la solution est de faire comme dans les ports ou les aéroports, en « séparant la gestion de l’infrastructure des opérateurs de transport ».









