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Languedoc-Roussillon
| | 25/11/2011

Le Crédit agricole incite les entreprises à investir au Maroc

« Venez investir au Maroc » : c’est le message qu’ont décliné, pendant une après-midi les intervenants lors d’une conférence organisée par le Crédit agricole du Languedoc, lundi 21, à son siège de Lattes-Maurin. Jaouad Hamri, directeur général de l’Office des changes du Maroc, a rappelé que « 750 entreprises françaises déjà fait le choix d’investir au Maroc, dont toutes celles du Cac 40. Il ne s’agit pas de vous inciter à vous délocaliser, a-t-il assuré, mais à vous redeployer pour des activités complémentaires ». Il a vanté « l’économie moderne » du royaume chérifien, qui « a amélioré sa productivité et sa compétitivité », avant d’aligner une série d’indicateurs, tous très flatteurs : un taux de croissance de 4,8 % sur les cinq dernières années « tirée par deux moteurs, la demande intérieure et les investissements publics, qui ont augmenté de 23 % par an entre 2005 et 2009 » ; des « infrastructures de grande envergure », avec le port de Tanger Med, 15 aéroports internationaux, 1 800 km d’autoroutes, et des projets de tramway et de TGV ; et « un marché d’un milliard de consommateurs » avec « une exonération totale des droits de douanes ». Devançant les critiques éventuelles de son auditoire, le représentant marocain a évoqué l’un des points noirs, la corruption. Un sujet traité selon lui « sans aucun tabou et avec un maximum de vigueur » par une « instance centrale pour la prévention de la corruption » qui « protège les dénonciateurs ». Mais il a surtout préféré mettre en avant les incitations à l’investissement, avec les aides publiques de l’Etat marocain : « Sous certaines conditions, dont un investissement supérieur à 17 M€ et la création d’au moins 250 stables, l’Etat prend en chafe 20 % du coût de l’acquisition du terrain et 5 % des dépenses d’infrastructure ».

Saint-Charles International : 349 000 t de fruits et légumes marocains
D’autres intervenants ont vanté l’intérêt du marché marocain pour les entrepreneurs languedociens, et celui des importations marocaines pour le marché français. Gérard Pourtet, président des conseillers régionaux du commerce extérieur de la France (CCEF) pour le L.-R., a estimé que l’Union pour la Méditerranée, coprésidée par la France et le Maroc, n’était « pas un mirage, mais une évidence géographique ». Il a rappelé ses priorités (l’eau, l’environnement, les énergies renouvelables, la formation professionnelle, le développement des PME...), ajoutant que le printemps arabe qui avait « mis en évidence de nouvelles priorités », dont la création d’entreprises dans le secteur de la santé et de la sécurité alimentaire. Gérard Pourtet doit rencontrer, le 14 décembre, avec d’autres représentants des CCEF, le secrétaire général de l’UPM, Youssef Amrani.
Georges Jordan, directeur de Saint-Charles International, a rappelé l’importance de la plateforme multimodale catalane dans le commerce des fruits et légumes entre la France et le Maroc. « Le Maroc exporte 800 000 tonnes vers l’Union européenne, dont plus de la moitié vers la France, et 349 000 t via Saint-Charles International ». Georges Jordan espère que le Parlement européen approuvera l’accord entre l’UE et le Maroc, qui « accorde des concessions importantes pour l’Europe pour les céréales, les produits laitiers, les oléagineux et les fruits et légumes ». « Nous avons mis en place un observatoire donnant en temps réel la connaissance des flux. Quand un produit vendu en-dessous du prix d’entrée, une taxe est déclenchée. D’autre part, le Maroc respecte les obligations en matière sanitaire et phytosanitaire ». À un exportateur qui se plaint de la difficulté qu’il a rencontré, au Maroc, pour faire transporter ses produits, Georges Jordan répond que deux lignes hebdomadaires permettent d’exporter vers le Maroc à partir du Languedoc-Roussillon. « Un toucher maritime fait gagner 30 % de temps ». Quant à Aziz Jerrari, directeur du dévelloppement et des relations externes du Crédit du Maroc, filiale marocaine du Crédit agricole, il a prévenu les entrepreneurs présents que « rien n’est facile » quand on veut exporter vers le Maroc. « Il faut être très bien accompagné ».
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