Le contrat entre Nîmes Métropole et Keolis rompu avant son terme
Yvan Lachaud, président de Nîmes Métropole, officialise, à l'occasion d’un point presse le 12/9, la décision de la collectivité d’écourter son contrat de délégation de service public avec l'opérateur de transport Keolis (filiale de la SNCF), dont la fin est désormais prévue le 31/12/2018 (au lieu de 2023). Une clause figurant dans le contrat signé avec Kéolis en 2013 donne à Nîmes Métropole la possibilité de le résilier sans indemnités, à partir du 30/6/2018, si ce contrat ne lui permet pas de financer la construction de la ligne 2 du TSCP (transport en commun en site propre). « Nous sommes dans ce cas de figure » explique Yvan Lachaud. Le coût de cette nouvelle ligne de transport, qui devrait être exploitable fin 2019, est de 95 M€. Et le contrat avec Keolis représente déjà un coût « très élevé », d'après Nîmes Métropole : 43 M€/an, auxquels s’ajoutent la subvention d’équilibre visant à compenser des recettes insuffisantes (vente des tickets…), soit environ 11 M€/an. Donc un total compris entre 54 et 55 M€« En deux ans, nous sommes passés, pour cette subvention d'équilibre, de 18 M€ à 11 M€, c’est déjà beaucoup d’économies, je ne veux pas demander plus d’efforts aux contribuables. C’est désormais vers notre prestataire que nous devons nous tourner. » Des audits ont en effet pointé plusieurs dysfonctionnements et, d'après Nîmes Métropole, une certaine opacité dans la gestion de Keolis. Partant de ces rapports d’audits, le président de Nîmes Métropole a adressé un courrier à la direction de Keolis pour lui demander des explications. « Je leur ai donné 10 jours pour nous répondre. » Bien que très attendue, la réponse de Keolis, ne devrait pas remettre en cause la résiliation. Contacté par La Lettre M, l'opérateur de transport n'a pas souhaité répondre.
Keolis travaille avec 4 sous-traitants (Keolis Languedoc, STDG, Les rapides de Camargue et Ginhoux) dont les tarifs varient du simple au double, de 4 €/km à environ 2 €/km. Selon ces audits, Keolis attribue 74 % de sa sous-traitance à Keolis Languedoc qui pratique les tarifs les plus élevés. « Si Kéolis travaillait avec des sous-traitants proposant un tarif à hauteur de 2€/2,50 € du km, nous pourrions réaliser une économie d’environ 4 M€ par an. »
Les audits pointent également une opacité dans la production kilométrique : le nombre de kms indiqué par Keolis dans ses rapports d’activité annuelle correspondrait en fait à des kms théoriques et non des kms réalisés. La maintenance des véhicules poserait elle aussi problème. « Aucune fiche de véhicule n’a été mise en place pour assurer le suivi. Il est donc impossible de suivre le cycle de vie du matériel roulant ». Quant aux résultats de Keolis Nîmes, Yvan Lachaud explique qu’ils sont nettement supérieurs aux prévisions contractuelles. « Keolis Nîmes devait faire remonter sur sa maison-mère environ 900.000 €/an, mais il est arrivé une année que ce soit 1,2 M€ et une autre année 1,6 M€. »










