À Lavérune, Carte Noire attend son repreneur
Quatre fonds d’investissement, dont PAI, BC Partners et Cinven, ont rencontré ces derniers jours la direction de l’usine Carte Noire à Lavérune (Hérault), qui emploie 154 salariés, en vue d’une éventuelle reprise du site auprès de Jacobs Douwe Egberts (JDE). Plusieurs fonds seraient « très intéressés », du fait de la « très grosse rentabilité » de la marque Carte Noire, dont le production va être centralisée dans l’Hérault, indique Bruno Hilaire, porte-parole de l’intersyndicale. La transaction tournerait autour de 1,2 milliard d’euros. La stratégie industrielle prévoit une baisse du volume total, qui passera de 50 000 tonnes annuels à environ 30 000 tonnes, avec le départ des marques Grand-Mère (18 000 tonnes) et Jacques Vabre (5 000 tonnes) dans les neuf prochains mois. « Mais Carte Noire est à plus forte valeur ajoutée. Il faut plus de main-d’œuvre pour la production des capsules Nespresso et Senséo », l’usine fabriquant aussi des paquets de 250 grammes (café moulu).
Poker menteur
La data room a été clôturée le 18 juillet. « Je ne sais pas si l’un de ces fonds a fait une proposition de reprise du site. Quant au retrait de Lavazza, je n’y crois pas. On est en pleine partie de poker menteur », glisse Bruno Hilaire. La crainte des salariés est donc plus liée à l’incertitude – « on ne connaît pas le repreneur, et ça fait un an que ça dure » - qu’à la crainte de suppressions d’emplois dans l’immédiat. Le protocole de cession formulé par JDE prévoit en effet le maintien de l’emploi pendant deux ans.
Le site industriel date de 1969, et est entré dans le giron du géant mondial Kraft en 1993. L’usine est « ultra moderne, avec un nombre plus important de postes informatiques que de salariés », conclut Bruno Hilaire.










