L'appellation Costières de Nîmes maintient le cap malgré un contexte chahuté
Si le millésime 2022 de l’AOC Costières de Nîmes s’annonce plus petit cette année - autour de 150 000 hl contre 158 000 hl en 2021 –, il devrait être « de grande facture », pronostique le président du syndicat viticole. Un soulagement pour les adhérents qui accusent des sorties de chai en baisse de 12 %. La faute notamment à un ralentissement de la consommation lié à la conjoncture actuelle morose, à laquelle s’ajoute également « une baisse structurelle de la consommation de vin rouge, soit la moitié des volumes de l’appellation », avance Aurélie Pujol, directrice du syndicat, le 13 octobre. Résultat : les stocks sont en augmentation de 13 %, à dix mois, « ce qui n’est pas une catastrophe », assure le président Bernard Angelras.
En GMS, les ventes entre septembre 2021 et septembre 2022 ont ainsi baisser de 2,8 %, même si le syndicat relève une amélioration depuis le printemps avec un + 5,6 % en août notamment. « Nous sortons de deux belles années, 2020 et 2021, pendant lesquelles la consommation a augmenté en raison du Covid et des confinements successifs », tempère également Aurélie Pujol.
Marché export
À l’export – qui concerne 40 % des volumes de l’appellation et 45 % de la valeur - « l’activité vers la Chine (18 % des volumes en temps normal, NDLR) a beaucoup diminué avec la crise sanitaire qui est encore prégnante », indique la directrice. Aux États-Unis, qui représentent 6 % des volumes et 12 % de la valeur, la hausse du coût du transport se retrouve dans celui du verre de vin qui oscille entre 17 et 20$. « Aujourd’hui envoyer un container outre-Atlantique coûte 10 à 12 000€, contre 2 à 3 000€ auparavant », souligne Aurélie Pujol. Pour autant, ce marché outre-Atlantique reste convoité. C’est là que les vins de l’AOC Costières de Nîmes sont les mieux valorisés.
Davantage de blancs en AOC Costières de Nîmes
En termes de couleurs, les producteurs de l’AOC Costières de Nîmes, réputés pour leur rouge, sont encouragés à s’intéresser au blanc et au rosé. « Nous incitons les vignerons à planter des blancs – ils représentent 7 à 10 % des volumes de l’appellation aujourd’hui - car nous avons une qualité assez remarquable », résume la directrice du syndicat. Et la demande est forte. Le président du syndicat rappelle que « la consommation de blanc et de rosé a augmenté de 10% en France. Vu notre encépagement, nous sommes en capacité de produire plus de rosé. Et notre potentiel de production de blanc est largement supérieur à 10 % ». Actuellement, 200 ha produisent du blanc. « Le potentiel est de 700 ha – soit l’équivalent 30 000 hl », affirme Aurélie Pujol.










