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Région Occitanie
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Viticulture
| 7/09/2018

La stratégie d'Anagram, nouvel acteur du négoce en vin

Le 13 août dernier, la société Labruyère Développement et Industrie (LDI) reprenait à la barre du tribunal de commerce de Montpellier les actifs du négociant en vin rhodanien Raphaël Michel, emporté par des mises en accusation pour fraude sur plusieurs milliers d’hectolitres de vin. Ces actifs sont composés notamment de cinq domaines viticoles en France (près de 250 ha) dont le domaine Bonlieu dans l’Aude, et un au Chili, la filiale Claude Nicolas (capacité de 170 000 hl à Fronton - 81) et le site de Piolenc (capacité totale de stockage de 80 000 hl - 84). LDI est la filiale du groupe familial mâconnais Labruyère. Dotée d’une enveloppe financière de près de 30 M€, LDI s’est spécialisée dans la reprise d'entreprises en difficulté. Celle de Raphaël Michel, rebaptisée depuis Anagram, est son quatrième dossier « et le plus gros », indique son dirigeant, Sébastien Bouvet-Labruyère. La maison mère, le groupe Labruyère, au delà de son activité historique dans la distribution alimentaire et l’immobilier commercial, possède également un pôle viticole avec quatre domaines produisant des vins premium (500 000 bouteilles, 6 M€ de CA) dans le Beaujolais, la Bourgogne, en Champagne et dans le Bordelais.

Reprise

Pour parvenir à redresser la barre du négociant rhodanien, LDI investit 6 M€, qui montent à 20 M€ avec le soutien des acteurs bancaires. Aujourd’hui, Anagram représente moins de 20 M€ de CA et moins de 100 000 hl de vin. « Nous nous sommes donnés trois ans pour retrouver les 64 M€ de CA et les 400 000 hl de vrac que Raphaël Michel affichait avant d’être en difficulté », indique Sébastien Bouvet-Labruyère, désormais président d'Anagram. Si la société de négoce est basée à Piolenc dans le Vaucluse, la question de sa survie n’est pas sans conséquence pour les viticulteurs du Languedoc car 40 % des volumes du négociant viennent de ce bassin de production. « Par cette reprise à travers un rachat d’actifs, nous avons choisi la voie la plus soft en privilégiant les fournisseurs de vin et de raisin, premier sur la liste des créanciers, explique le dirigeant. Nous nous sommes engagés à régler les 5 M€ de dettes en deux ans et demi. » En termes de ressources humaines, tous les contrats de travail – une trentaine de postes - ont été reconduits. « Nous avons lancé le recrutement d’un œnologue pour la relation avec les fournisseurs, car le conseil en amont est primordial, ainsi que celui d’une assistante commerciale », ajoute-t-il.

Stratégie

Pour cette campagne 2018, les dirigeants tablent sur un volume de 250 000 hl. Il s’agit désormais de retrouver la confiance des clients sur le périmètre traditionnel de l’entreprise : les acteurs de la grande distribution qui possèdent des sites d’embouteillage mais aussi les embouteilleurs pour la grande distribution (Castel, Les Grands Chais…). Le nouveau dirigeant entend aussi développer le marché international « où le vrac est particulièrement bien adapté, notamment vers les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Asie ». Un stand est réservé à la World Bulk Wine Exhibition à Amsterdam fin novembre, rendez-vous international des producteurs de vin en vrac. Le président d’Anagram souhaite également développer un segment de vrac premium sur « quelques centaines à quelques milliers d’hectolitres sur des vins génériques de très belle qualité ou des crus de la Vallée du Rhône », avec également une offre en bio. Languedoc, Sud-Ouest (via la filiale Claude Nicolas à Fronton) et Vallée du Rhône seront les trois bassins d’approvisionnement d’Anagram.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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