La salinité des sols en Camargue menace le foncier agricole
Une mission nationale d’expertise sur la salinité des sols, créée par l’ancien ministre Julien Denormandie, se rendra en Camargue les 6 et 7 juillet pour une première visite interministérielle. Les viticulteurs tentent depuis plusieurs mois d’alerter les autorités publiques sur le devenir du foncier agricole en Camargue gardoise après la mort subite en 2021 de 600 ha de vignes causée par la salinité excessive des sols. Un désastre pour les 2 500 ha de l’IGP Sable de Camargue exploités par 103 viticulteurs – pour un chiffre d’affaires annuel de 20 M€ – et une menace réelle pour le devenir de 275 exploitations agricoles employant 8 000 salariés en Camargue, sur 24 000 ha.
« Nous craignons une augmentation des surfaces impactées en 2022 à cause de la sécheresse. Si de grands travaux ne sont pas réalisés sur le réseau hydraulique, c’est tout le foncier agricole de Camargue qui est menacé », insiste Magali Saumade, présidente de la chambre d’agriculture du Gard.
Mobilisation locale
Depuis la conception du canal du Bas-Rhône Languedoc acheminant l’eau du Rhône dans les années 1960, aucun équipement d’envergure n’a vraiment suivi. Sur le delta, l’eau du fleuve combat l’eau salée grâce à un immense réseau de canaux, les roubines. Mais après plusieurs années de sécheresse, celles-ci ne peuvent plus subvenir aux besoins en eau douce. À l’initiative des élus locaux, de la chambre d’agriculture gardoise et du syndicat mixte Camargue Gardoise, un premier comité technique a été mise en place en décembre avec Voies navigables de France et le groupe BRL pour remettre en eau douce le petit Rhône. Via ce comité, VNF planifie chaque mois depuis mars des lâchers d’eau en ouvrant ses écluses. BRL travaille à un projet de redéploiement supplémentaire de l’eau du Bas-Rhône. Des solutions d’urgence, qui ne trouveront leur pleine efficacité qu’avec « la planification de grands travaux d’aménagement », insiste Magali Saumade.










